Livres

Maghreb : des femmes et des livres

Romancières, libraires, éditrices... les femmes s’illustrent de plus en plus sur la scène littéraire. Et donnent corps à des projets ambitieux.

« La femme est l’avenir de l’homme. » Pour reprendre ce mot de l’écrivain français Louis Aragon, on est tenté de dire qu’au Maghreb la femme est l’avenir du livre – francophone à tout le moins.

Grâce aux écrivaines, bien sûr. Dans le sillage d’Assia Djebar, première auteure d’origine maghrébine admise, en 2005, à l’Académie française, elles sont de plus en plus nombreuses à s’illustrer sur la scène littéraire. Les Algériennes (ou Franco-Algériennes), en premier lieu, dont Nina Bouraoui, Malika Mokeddem, Leïla Sebbar, Maïssa Bey ou encore Leïla Marouane, mais aussi les Tunisiennes telles qu’Azza Filali et Fawzia Zouari et les Marocaines comme Rajae Benchemsi. Au Maroc, certes, les romancières sont encore peu nombreuses, et plutôt versées dans l’autofiction. Il n’empêche que c’est l’une d’entre elles, publiant sous le pseudonyme de Nedjma, qui, la première au Maghreb, a investi le champ de la littérature érotique avec L’Amande, sorti en 2004 chez Plon.

Si, de Casablanca et Rabat à Tunis en passant par Alger, les femmes sont omniprésentes dans la librairie, c’est peut-être dans l’édition qu’elles s’affirment de la façon la plus marquante. À l’instar de leurs consœurs européennes, françaises en particulier (Odile Jacob, Sabine Wespieser, Héloïse d’Ormesson, Joëlle Losfeld, Anne-Marie Métailié…), elles donnent corps à des projets ambitieux.

Parmi les figures de ce mouvement, la Marocaine Layla Chaouni, qui s’est distinguée dès 1987 avec la création des éditions Le Fennec, l’Algérienne Selma Hellal, cofondatrice en 2000 des éditions Barzakh, les Tunisiennes Mika ben Miled et Élisabeth Daldoul, à l’origine, respectivement, des Éditions cartaginoiseries et Elyzad, toutes deux lancées en 2005.

Avec une vingtaine de livres à son actif, Élisabeth Daldoul est celle qui s’est probablement fait le plus vite une place au soleil. En Tunisie, cette ancienne journaliste et enseignante de 47 ans peut s’appuyer sur les moyens logistiques des librairies Clairefontaine, dont son mari est le patron. Grâce au dynamisme de son diffuseur français, Pollen, elle a réussi également une percée sur le marché hexagonal. Ses ouvrages, il est vrai, sont remarquables non seulement par leurs qualités littéraires, mais aussi par le soin accordé à leur présentation, qui n’a rien à envier à celles des plus grandes maisons parisiennes.

Pour ce qui est des écrivains publiés par Elyzad, on relève les noms des Tunisiens Ali Bécheur et Tahar Bekri, de la Franco-Tunisienne Cécile Oumhani, de l’Algérien Djilali Bencheikh. Leurs textes sont autant de passerelles entre les pays du Maghreb, et entre le Maghreb et le nord de la Méditerranée.

C’est dans cet esprit que s’inscrit le dernier titre de la jeune maison d’édition tunisoise, Mon cher fils, de Leïla Sebbar. Après trente ans passés en France comme ouvrier chez Renault, un émigré revient vivre à Alger et entreprend d’écrire à son fils ce qu’il n’a jamais pu lui exprimer de vive voix. Amateurs de livres insipides s’abstenir… 

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