Économie

Mbalam : Giulio Casello cherche un allié chinois

Mis à jour le 23 avril 2013 à 15:15

Le directeur général de Sundance Resources n’a pas réussi à vendre la firme à Hanlong Mining. Mais il a bon espoir de monter une coentreprise pour exploiter le fer à la frontière camerouno-congolaise.

Début février, au salon African Mining Indaba du Cap (Afrique du Sud), Giulio Casello y croyait encore. Le directeur général de Sundance Resources tablait sur la finalisation du rachat de sa firme par Hanlong Mining pour 1,4 milliard de dollars (environ 1 milliard d’euros). Ce devait être « l’une des plus grosses acquisitions minières par un groupe chinois en Afrique », dit-il. Mais le 8 avril, après avoir allongé à trois reprises les délais de règlement, jamais respectés par Hanlong, le dirigeant de la société basée à Perth (Australie) a dû se rendre à l’évidence : le deal ne se fera pas.

Démêlés

Le projet de Mbalam-Nabeba, qui explore des gisements de fer des deux côtés de la frontière entre le Cameroun et le Congo, a pourtant fait mouche dès 2008 auprès des investisseurs chinois. À tel point que, au lieu d’une participation minoritaire – habituellement retenue par les groupes miniers de Pékin -, Hanlong a opté en 2011 pour une prise de contrôle du projet. Mais depuis, les discussions se sont éternisées entre les deux sociétés, sous la houlette tatillonne du régulateur chinois, la puissante Commission nationale pour le développement et la réforme (NRDC).

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« Cette dernière n’était pas convaincue par la capacité de Hanlong à mener le projet sur le plan industriel. Or c’est elle qui a l’oreille des banques chinoises qui devaient financer le projet », indiquait déjà Giulio Casello en février. Les démêlés judiciaires de la direction de Hanlong n’ont pas arrangé la situation. « Liu Han, son président, avec qui nous avions l’habitude de travailler, a passé un certain temps derrière les barreaux pour avoir hébergé son frère accusé de meurtre », indique Giulio Casello.

Cliquez sur l'image.Malgré cet accord manqué, l’ingénieur australien de 53 ans, fils d’immigrants italiens et fort de trois décennies d’expérience minière, ne renonce pas. « Notre projet détient la même teneur en fer que les meilleures mines d’Australie occidentale. Les gisements congolais et camerounais, de compositions différentes, se complètent idéalement. Le projet a même pris de la valeur depuis le début des discussions avec Hanlong. Nos coûts d’infrastructures sont moins élevés que pour un projet de fer comme celui du Simandou, en Guinée, où 5 milliards de dollars d’investissements seront nécessaires, soit trois fois plus que pour Mbalam. Et surtout, après avoir levé les fonds, nous pouvons être prêts en seulement trois ans pour exporter du fer », fait-il valoir.

Nommé à ce poste justement parce qu’il connaît la Chine – après deux ans chez le métallurgiste Sinosteel -, Giulio Casello affirme qu’un autre partenariat est possible avec un groupe venu de l’empire du Milieu. « Au lieu d’un rachat, nous nous acheminons plutôt vers une coentreprise avec un groupe chinois. C’était d’ailleurs notre option préférée au départ, avant les premiers contacts avec Hanlong. Et pour aboutir, nous gardons le soutien crucial de la NRDC », affirme-t-il.

Forages

Selon cet homme jovial, qui a pris la direction de l’entreprise dans des conditions difficiles après la mort de son prédécesseur en juin 2010 dans un accident d’avion au Cameroun, ces atermoiements n’ont pas d’impact sur l’avancement du projet. « Nous continuons l’étude de faisabilité : les forages se poursuivent au Cameroun comme au Congo, indique-t-il. Après la convention avec Yaoundé en novembre 2012, celle avec Brazzaville sera signée très prochainement. »

Reste qu’à la Bourse australienne le cours de l’action – suspendu du 19 mars au 9 avril – devrait souffrir. « Nous comptons plusieurs fonds d’investissement court-termistes parmi nos actionnaires, qui sont rentrés au capital il y a moins de six mois quand le rachat semblait probable », explique le directeur général. Pour les rassurer, Giulio Casello estime pouvoir signer un accord de coentreprise avec un nouveau groupe chinois « d’ici trois à six mois ».