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Stephen Hayes


Par - Propos recueillis par Patrick Sandouly

Mis à jour le 27 janvier 2009 à 15:36

Président du Corporate Council on Africa (CCA)

Jeune Afrique : La présence des entreprises américaines en Afrique subsaharienne a-t-elle diminué pendant la présidence Bush ?

Stephen Hayes : Après un bon début dans les années 2000, la croissance de l’activité des entreprises américaines en Afrique subsaharienne s’est en effet ralentie, passée de plus de 20 % à environ 15 % par an. Ce n’est pas lié à l’administration Bush, mais c’est une conséquence du manque d’intérêt des entreprises américaines. C’est une de nos missions de mieux leur faire connaître l’Afrique et nous nous y employons. Depuis 2000, le nombre de nos membres a triplé et notre budget a été multiplié par huit. Ce qui nous permet d’organiser un nombre croissant de forums et de rencontres entre les entreprises et les pays.

D’autres entreprises que celles du pétrole s’intéressent-elles à l’Afrique ?

Le pétrole représente 70 % des importations, alors que seulement 12 % des membres du CCA sont liés à ce secteur. Le nombre de nos adhérents a augmenté dans tous les secteurs, et les petites et moyennes entreprises représentent aujourd’hui 60 % de nos membres. Elles s’intéressent en priorité à trois secteurs considérés comme porteurs sur le continent : les équipements de télécoms, l’agrobusiness et la santé. Dans l’ensemble, il devrait y avoir un regain d’intérêt pour l’Afrique, dans la mesure où la crise va obliger les entreprises américaines à trouver de nouveaux débouchés.

Préconisez-vous un renforcement de l’Agoa* pour y parvenir ?

Au début, la législation Agoa a été très utile. Elle a permis d’initier un mouvement d’intérêt pour les échanges entre l’Afrique et les États-Unis, mais l’Afrique n’était pas en mesure d’en tirer le meilleur parti, principalement en raison de la faiblesse de ses infrastructures. L’Agoa a été prolongé jusqu’en 2015 par l’administration Bush, mais ce n’est pas suffisant. Il faut dépasser le stade du simple commerce et développer nos investissements sur le continent. C’est ce que fait la Chine, et nous devrions nous inspirer de sa méthode.

 

* Agoa (African Growth and Opportunity Act) : loi américaine votée en 2000 qui autorise l’entrée en franchise de douane sur le marché américain de plus de 6000 produits venus d’une quarantaine de pays africains.