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Palm se lance contre l’iPhone

En difficulté sur le marché des smartphones, le groupe américain repart de zéro avec un modèle haut de gamme, qui a fait sensation au salon de l’électronique de Las Vegas.

Par - Claude Cadelu
Mis à jour le 27 janvier 2009 à 15:44

Palm fait table rase du passé. Objectif : renouer avec l’esprit d’innovation pour se sauver d’une mort lente. Pionnier des agendas électroniques dans les années 1990 puis des combinés multi­fonctions, Palm est tombé, selon l’étude du cabinet Gartner, dans le tréfonds du classement mondial. Avec seulement 2,1 % de parts de marché dans les smartphones, le groupe américain est devancé par Nokia (42,4 % de parts), RIM, le fabricant du BlackBerry (15,9 %), Apple (12,9 %), HTC (4,5 %), Sharp (3,4 %) et autre Fujitsu. Même son logiciel Palm OS, autrefois utilisé sous licence par des fabricants de renom comme Sony, ne fait plus recette. Si bien que Palm a lui-même pris récemment une licence auprès de son concurrent Microsoft pour équiper certains de ses appareils de Windows Mobile.

Mais cela n’a pas suffi, Palm alignant trimestre après trimestre des pertes et des avertissements sur résultat. Ainsi, le 2 décembre, il annonçait que ses ventes du deuxième trimestre de 2009 seraient inférieures d’environ 30 % à la fourchette prévue de 299-363 millions de dollars. En Bourse, le titre tombé aux alentours de 2 dollars a été aussitôt massacré… avant de se rattraper au début de janvier à l’annonce du Pre, où il a pris 36 % en une seule séance. Ce mobile, équipé d’un écran tactile et d’un tout nouveau logiciel système, présenté mi-janvier au Salon de l’électronique de Las Vegas, a fait sensation.

De fait, le lancement du Pre représente pour Palm le pari de la dernière chance. D’autant que ce mobile, doté d’un large écran tactile de 3,1 pouces et d’un clavier alphanumérique coulissant, ne se contente pas de singer l’iPhone. Il dispose d’un capteur photo de 3 mégapixels (2 mégapixels pour l’iPhone), d’une mémoire de 8 giga­octets, d’accéléromètres, du GPS, de la 3G+, du Wifi et du Bluetooth… Même les gestes tactiles pour la rotation, le défilement et le zoom sont possibles. Et, contrairement à de nombreux concurrents de l’iPhone, le Pre affiche une réactivité exemplaire grâce à une interface claire et cohérente baptisée WebOS. Revers de la médaille : les applications conçues pour les anciens Palm ne sont plus compatibles avec le Pre, quand l’iPhone propose une logithèque en ligne de plus de 10 000 applications. En revanche, l’affichage d’une page Web se révèle deux fois plus rapide que sur l’iPhone, pourtant considéré comme le maître en la matière. Le Pre permet également d’exécuter plusieurs dizaines d’applications à la fois, sans ralentissement.

Palm a ajouté des fonctions indisponibles sur l’iPhone (affichage du calendrier sur une seule page, copier-coller, gestionnaire de tâches). Plus impressionnant : la messagerie unifiée permet en un seul geste de passer de l’e-mail au chat ou au SMS. En cas de comptes de messagerie multiples, elle centralise les boîtes de réception, et le logiciel Synergy est capable de regrouper les adresses des contacts utilisés dans Outlook, Gmail ou encore Facebook, évitant de naviguer entre plusieurs annuaires. Et lorsqu’une information est modifiée, le système met automatiquement à jour le carnet d’adresses. Ultime innovation : la batterie se recharge sans branchement, par induction. Elle est également amovible, autre différence avec l’iPhone. Côté prix, le Pre devrait être commercialisé entre 500 et 750 euros à sa sortie, au printemps.