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Ceux qui font bouger l

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Ijtihad au féminin

Par - Fawzia Zouari
Mis à jour le 5 février 2009 à 13:17

L’IDEE ETAIT DEJA AU COEUR de la réforme de la Nahdha au XIXe siècle : changer l’islam, c’est, avant tout, améliorer la condition des musulmanes en puisant dans les préceptes mêmes de cette religion. À l’instar des pionniers de cette émancipation douce, tels que Rifaat at-Tahtaoui et Qassem Amin en Égypte ou Tahar Haddad en Tunisie, des universitaires en jupons se proposent de contrecarrer les islamistes sur leur propre terrain. Elles s’attellent à un travail de réhabilitation des figures historiques féminines, font resurgir les époques d’ouverture, soulignent les prises de position du Prophète en faveur de ses épouses, etc.

Ces recours – et retours – à la tradition se fondent sur la notion d’« évolution positive ». Pour traiter la question de l’héritage, par exemple, elles commencent par rappeler que l’avènement de l’islam correspond à l’institution d’un droit d’héritage au profit des femmes. Certes, la nouvelle religion ne leur accorde que la moitié de la part de l’homme, mais, soutiennent-elles, cette mesure peut être considérée comme une avancée par rapport à la situation antérieure. En appliquant le même principe, l’on pourrait considérer, au regard des changements socio-économiques survenus dans le monde, que la législation doit aujourd’hui aller plus loin et que la disposition qui n’accordait que la moitié des biens à la femme peut laisser place à un partage égal.

Lancé, entre autres, par la sociologue marocaine Fatima Mernissi, ce courant compte aussi bien des figures « officielles », comme les Tunisiennes Iqbal Gharbi et Olfa Youssef, que des chercheuses bannies, telle l’Égyptienne Besnat Rashed, qui vient de publier La Vie sexuelle du Prophète, frappé d’interdiction par les théologiens d’Al-Azhar.