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Ceux qui font bouger l

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Abdelmajid Charfi

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Mis à jour le 5 février 2009 à 13:44

Tunisie

Comment réconcilier le musulman de l’époque actuelle avec sa religion, combler le fossé qui ne cesse de s’agrandir entre l’exercice du culte et les conditions d’une vie sécularisée, tel est le défi lancé par l’universitaire tunisien Abdelmajid Charfi, né en 1942 à Sfax et auteur, entre autres, de L’Islam entre le message et l’Histoire (Albin Michel, 2004). Cet islamologue, qui s’en prend au rigorisme dans l’application de la loi, réfute la réponse traditionnelle des oulémas – elle manque de « perspective dynamique » –, comme celle, « dangereuse », des islamistes – elle condamne les musulmans à « sortir de l’Histoire » –, pour revenir à l’historiographie. Celle-ci lui permet d’affirmer que la charia n’est pas immuable, que le Coran n’est pas un code légal, mais qu’il se contente de donner des solutions ponctuelles pour la société islamique d’alors, lesquelles ne sont pas valables pour toutes les époques. Par conséquent, Charfi s’attelle, plus concrètement que les autres, à remettre en cause l’exégèse classique, même s’il affirme ne pas vouloir « attaquer le sentiment religieux ». Il remet cependant en question des pratiques pourtant codifiées et présentées comme obligatoires, telles que le jeûne, les rites du pèlerinage, les châtiments corporels ou la prohibition de l’image.