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L’Afrique s’y met

Par - Fabienne Pompey
Mis à jour le 17 février 2009 à 11:28

C’est au Kenya que l’ISAAA, organisme international de promotion des organismes génétiquement modifiés (OGM), a choisi cette année de rendre public son rapport 2009. Parce que c’est en Afrique que « les besoins sont les plus importants » et que, bien sûr, « les gains seront les plus grands ». Bien que financé par les grands noms de la recherche et de l’industrie de la culture transgénique, l’ISAAA se présente comme une institution « à but non lucratif ».

Le rapport annonce une nouvelle augmentation des surfaces cultivées dans le monde (+ 9,4 % en 2008), et singulièrement en Afrique. L’Égypte, par exemple, cultive 700 ha de maïs transgénique et le Burkina 8 500 ha de coton génétiquement modifié. Le leader africain en matière d’OGM reste l’Afrique du Sud, 7e producteur mondial avec 1,8 million d’ha cultivés, très loin toutefois derrière les États-Unis (62 millions d’ha). Les Amériques, du Nord et du Sud, totalisent à elles seules 90 % de la production mondiale.

L’industrie des OGM continue de promettre monts et merveilles aux pays africains. Elle annonce notamment la mise sur le marché, en 2017, d’un maïs résistant à la sécheresse, tandis que les États-Unis devraient bénéficier de cette nouvelle technologie dès 2012.

L’ISAAA étant le seul institut à collecter et à diffuser des informations sur les surfaces plantées à l’échelle mondiale, ses données font office de référence, même si elles émanent en réalité du lobby pro-OGM et servent une cause commerciale. Des organisations comme Greenpeace ou les Amis de la Terre lui reprochent ainsi de ne mettre en avant que la progression des surfaces cultivées, alors que celles-ci ne représentent encore que 8 % du total mondial, et d’omettre volontairement de signaler les pays qui renoncent aux OGM ou réduisent leur production.