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1999-2009: Les années Bouteflika

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A pas de géant

Les différents indicateurs reflètent une forte montée en puissance de l’économie algérienne depuis 1999.

Par - Samir Gharbi
Mis à jour le 24 février 2009 à 15:04

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La performance d’un pays se mesure en premier lieu à l’aune de son taux de croissance économique. Ce taux mesure la progression – ou le recul – de la valeur ajoutée sur le sol national de tous les agents économiques nationaux et étrangers, en « prix constants », c’est-à-dire hors inflation. Ce niveau constant se réfère à une année de base (2001). La valeur ajoutée – ou produit intérieur brut (PIB) – est la somme, exprimée en dinars algériens « constants », de tous les biens et services fabriqués ou fournis par les agriculteurs, les industriels, les commerçants, les banquiers et tous les autres corps de métier, sauf, évidemment, le secteur informel.

Que nous dit cet indicateur ? Que la croissance économique a progressé au rythme moyen de 4,2 % par an entre 1999 et 2008, contre 0,9 % entre 1989 et 1998. Ce quadruplement a permis une nette amélioration du revenu disponible par habitant – et, relativement, du niveau de vie. La croissance économique est en effet presque trois fois supérieure à la croissance démographique (1,5 % par an) et, donc, le revenu par tête a progressé en moyenne de 3 % au cours des dix dernières années, alors qu’il avait diminué de 1,4 % auparavant. Exprimé en dollars, il a triplé pour atteindre près de 5 000 dollars en 2008.

 

Une Croissance soutenue sur tous les fronts

Deuxième examen, celui du PIB en volume. Ce qui frappe, c’est la formidable montée en puissance de l’économie algérienne : le PIB a quadruplé en dix ans, passant de quelque 3 000 milliards de DA à près de 12 000 milliards en 2008. Mais il s’agit de dinars de tous les jours, dont le pouvoir d’achat s’est déprécié au fil du temps (le dinar de 2009 vaut moitié moins que celui de 2001). Après déduction de cette variation des prix, la progression en dinars constants demeure nettement positive : + 52 % entre 1999 et 2008.

Troisième examen, celui des comptes de l’Algérie avec le reste du monde. Grâce aux hydrocarbures (pétrole et gaz), le pays a bien géré sa monnaie et amassé une fortune pour les jours difficiles (138 milliards de dollars à la fin de novembre 2008, probablement 150 milliards à la fin décembre, avec l’intégration des plus-values). Le dinar algérien a bien épousé les fluctuations du dollar – monnaie de base du pétrole et donc des comptes extérieurs –, mais il a subi l’effet de la surévaluation de l’euro (qui vaut entre 95 et 100 dinars aujourd’hui, contre 70 en 1999). Les exportations de marchandises ont quasiment été multipliées par six en dix ans, contre seulement quatre pour les importations. Résultats, le solde commercial a atteint 38 milliards en 2008, dix fois plus qu’en 1999. Cet excédent vient renforcer la balance des paiements (qui était à zéro en 1999) et approvisionner les réserves de change (assez pour financer cinq années d’importations). Il a permis ainsi à l’Algérie de rembourser l’essentiel de sa dette par anticipation : son encours est tombé de 28 milliards de dollars fin 1999 à 4 milliards fin novembre 2008.

Quatrième examen : les grands secteurs économiques. La valeur du PIB « pétrole et gaz » a septuplé en dix ans, grâce à une augmentation de la production (de 189 millions de tonnes en 1999 à 233 millions en 2007, dernier chiffre publié par la Sonatrach), mais, surtout, grâce à la hausse des cours des hydrocarbures. Ceci étant, les autres secteurs productifs – agriculture, industrie et BTP – ne stagnent plus. Preuve d’une diversification qui redémarre bien, ils progressent désormais au rythme de 6 % par an.

Avec des réserves d’hydrocarbures en constante amélioration (les gisements découverts dépassent les quantités extraites des anciens gisements), l’Algérie a encore du temps devant elle pour préparer l’après-pétrole (voir pp.70-71) en toute tranquillité.