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1999-2009: Les années Bouteflika

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Économie

Le plan des champions

Par - Cécile Manciaux
Mis à jour le 24 février 2009 à 15:20

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La stratégie industrielle en cours de mise en œuvre vise à faire émerger, d’ici à 2015, 13 méga-entreprises, qui interviendront dans l’ensemble des filières où l’Algérie possède des avantages comparatifs. Parmi les secteurs d’ores et déjà identifiés, on peut citer la pétrochimie, la sidérurgie, l’agro-industrie, les industries pharmaceutique, mécanique et automobile, l’électronique, les matériaux de construction… Ce redéploiement sectoriel repose sur les activités industrielles manufacturières et la valorisation des ressources du pays, avec pour objectif de réaliser des partenariats public-privé et de réunir les conditions nécessaires au développement d’industries compétitives à même de répondre, en termes de qualité et de prix, à la demande intérieure, mais aussi d’exporter des produits finis algériens. Bref, il s’agit de mettre en place des groupes ayant une taille critique suffisante pour s’imposer et se développer dans une économie fondée sur l’innovation et la compétition, et exercer un effet de levier sur les PME-PMI – qui seront associées à la mise en œuvre de cette stratégie sectorielle et pourront soumissionner pour tous les marchés publics.

Hamid Temmar, le ministre de l’Industrie et de la Promotion des investissements, a indiqué le 10 janvier dernier que « l’évaluation inhérente à la création des treize champions économiques est pratiquement achevée », qui sera prochainement présentée au gouvernement, en même temps que le processus de privatisation. Et de préciser que, « pour l’instant, nous démarrerons avec seulement neuf champions. Nous avons lancé la mise en place des grandes entreprises publiques mixtes qui ont été créées, délimité les zones industrielles à développer et préparé un projet de loi sur l’innovation ».

Les sociétés économiques de développement (SED) que l’État se prépare à mettre en place seront organisées autour d’entités existantes, qui seront accompagnées par l’État dans leurs programmes d’investissement : Air Algérie dans le transport aérien, ENTMV dans le transport maritime, Saidal dans la pharmacie, Ferphos pour les phosphates et engrais… Y seront associés les quelques incontournables ténors du privé, comme Cevital dans l’agroalimentaire, ETRHB dans les infrastructures, ou encore ENIE dans l’électronique.

Dernière dimension du plan, et non des moindres : l’innovation et la valorisation des ressources humaines, qui doit passer notamment par le développement d’un réseau de formation des cadres dirigeants sur l’ensemble du territoire, pour lequel le tout nouvel Institut national de productivité et de développement industriel (Inped) constituera un pôle de référence.