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Afro-Américains : le retour aux sources

De plus en plus de Noirs américains cherchent à connaître leurs origines en recourant aux tests ADN.

Vous êtes afro-américain et vous voulez « savoir d’où vous venez vraiment » ? Africa America est là pour vous aider à « découvrir vos racines ». Pour 299 dollars, cette société basée à Washington remonte le lignage maternel ou paternel de ses clients à partir d’un test ADN. Et leur apprend que leurs ancêtres vivaient dans ce qui est aujourd’hui la Sierra Leone, le Liberia, la Côte d’Ivoire et le Ghana, d’anciens fournisseurs d’esclaves au Nouveau Monde. Pour faciliter la « quête identitaire », Africa America a tout prévu : possibilité d’achat sur Internet du « kit de test » – qui comprend une carte, en couleurs, de l’Afrique –, délivrance d’un certificat d’authenticité (15 dollars), etc.

Depuis l’entrée en scène de Barack Obama et son voyage médiatisé, en 2006, dans son village ancestral au Kenya, le business des origines africaines a le vent en poupe aux États-Unis. Malgré les kilomètres et les années, il peut même réveiller le patriotisme. Cité par le quotidien Los Angeles Times, l’acteur africain-américain Isaiah Washington, 45 ans, raconte que pour lui l’Afrique n’était qu’un continent « d’indigènes en pagne avec un os dans le nez ». Mais, aujourd’hui, le voilà chef de village en Sierra Leone, à la tête d’une fondation qui construit une école dans le pays, restaure un hôpital… Et le voilà surtout citoyen. Après un test ADN en 2005, il a découvert son appartenance au peuple mende, vivant en Sierra Leone, et n’a eu aucun mal à obtenir la nationalité qu’il a demandée au président Ernest Bai Koroma. En débarquant à Freetown, il avait eu le sentiment d’avoir retrouvé sa « vraie famille ». Les autorités n’ont pas hésité : quoi de mieux qu’une star de cinéma pour redorer le blason du pays après dix années de guerre civile ?

Conscient de la manne financière que représente la diaspora outre-Atlantique, le Ghana accorde lui aussi la nationalité aux Afro-Américains. Mais tous ne sont pas, comme Isaiah Washington, bouleversés par ce retour aux sources : en 2007, la Guinée-Bissau avait invité Whoopi Goldberg, qui venait de découvrir ses racines papels et bayotes, deux tribus du pays. Attendue comme une star nationale, l’actrice n’a jamais fait le déplacement.

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