Politique

Ben Jaafar, le cinquième homme ?

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Combien de candidats pourront se présenter à l’élection présidentielle d’octobre, face à Zine el-Abidine Ben Ali, qui brigue un cinquième mandat ? Quatre, en principe, avec Mustapha Ben Jaafar. Le 9 avril, le Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL, social-démocrate), dont il est le secrétaire général depuis sa légalisation en 2002, a annoncé sa candidature.

La participation de Ben Jaafar n’est pourtant pas assurée : la semaine dernière, un membre du gouvernement et ex-président du Conseil constitutionnel a laissé entendre que sa candidature pourrait être rejetée. « À mon avis, le dirigeant d’un parti qui se présente à la présidentielle doit être élu par un congrès, et non par l’instance fondatrice de son mouvement, a déclaré Zouheir M’dhaffar, ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de la Fonction publique et du Développement administratif. En tout cas, le dernier mot reviendra au Conseil constitutionnel, qui valide [fin septembre, NDLR] les candidatures aux élections. »

Ce n’est pas l’avis de Ben Jaafar, qui rappelle que ni la Constitution, ni le code électoral, ni la loi sur les partis ne font état d’une telle exigence. Laquelle, souligne-t-il, relève du règlement intérieur des mouvements politiques.

En juillet 2008, le président Ben Ali avait fait adopter un amendement au code électoral permettant exceptionnellement aux chefs de partis légaux qui ne peuvent obtenir les parrainages de trente élus et qui ne sont pas représentés au Parlement (comme c’est le cas du FDTL) d’être candidats à la présidentielle de 2009.

La présence au scrutin de Ben Jaafar, l’opposant tunisien le plus respecté, pourrait donner plus de relief à cette élection, à laquelle devraient également participer deux candidats de la « mouvance présidentielle » et un représentant du mouvement Ettajdid (ex-communiste). Ses rencontres récentes avec des responsables de partis européens membres de l’Internationale socialiste à laquelle le FDTL est affilié – au même titre que le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, au pouvoir) – ont toutefois donné prétexte à des commentaires acerbes à Tunis, l’accusant d’« allégeance à l’étranger ». 

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