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Le ghetto de Gaza

Comment, après avoir vitrifié Gaza, empêcher qu’elle se reconstruise ? En appliquant à son million et demi d’habitants le principe à la fois immoral, inhumain et illégal de la responsabilité collective. C’est ce à quoi les autorités israéliennes s’emploient avec un zèle kafkaïen, en renforçant chaque jour un peu plus l’étau du blocus en vigueur depuis septembre 2007, au lendemain du coup de force du Hamas.

 

Les gardes-frontières de Tsahal, qui contrôlent l’unique point de passage de la bande vers l’extérieur, celui de Nahal Oz, obéissent à une consigne élémentaire définie par le Conseil de gouvernement : tout ce qui n’est pas autorisé à destination du ghetto est interdit. Or la liste des biens qu’Israël considère comme « exportables » se résume à trois catégories : les produits alimentaires, les médicaments et les détergents. Tout le reste est refoulé. Matériaux de construction, appareils électriques et ménagers, pièces détachées, véhicules, allumettes, chaussures, couvertures, couches pour bébés, papier hygiénique, ampoules électriques, matelas, fil et aiguilles, livres, jouets, couverts de table, instruments de musique, journaux… Un inventaire aussi grotesque qu’effarant qui démontre que la volonté de briser les Gazaouis est bien plus déterminante que les préoccupations sécuritaires affichées. Conséquence directe : une explosion de la contrebande qui, cela dit en passant, enrichit les caisses du… Hamas. Et, puisqu’il vaut mieux parfois en rire qu’en pleurer : une explosion de la pilosité des Palestiniens, privés de lames de rasoir – de quoi conforter les Israéliens dans leur conviction phobique selon laquelle Gaza est peuplé d’islamistes barbus au cimeterre entre les dents.

Victimes collatérales enfin, mais ils en ont l’habitude : les dirigeants arabes frères. Pas un pour hisser ses mots, ses attitudes et ses prises de position au niveau intolérable où se situe le drame du ghetto de Gaza. À peine le smic de l’indignation et, du côté égyptien, une frontière criminellement close. Un naufrage.

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