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Recentrage sur la clientèle locale

Face à la crise, les promoteurs redimensionnent leurs projets. Certains, à l’instar de Palmeraie Développement, donnent la priorité aux programmes résidentiels.

Mis à jour le 2 juin 2009 à 13:55

« Depuis un an, en raison de la crise, la clientèle étrangère, essentiellement francophone, n’achète quasiment plus à Marrakech », constate Omar Lahlou, directeur général de Palmeraie Holding, dont la filiale, Palmeraie Développement, est spécialisée dans l’immobilier haut de gamme. De fait, les experts estiment à 30 % la baisse moyenne des prix de vente de l’immobilier à Marrakech, la ville du pays la plus touchée par le ralentissement de la branche touristique, de même que Tanger, habituellement fréquenté par une clientèle américaine et britannique. Portée par la demande toujours soutenue en résidences principales, la région de Casablanca est l’une des rares à tirer son épingle du jeu.

Pourtant, promoteur, à Marrakech, des Jardins de la Palmeraie et des Jardins de l’Atlas, Omar Lahlou reste serein : « Nous avons certes enregistré une diminution de nos ventes par rapport à 2006-2007, mais nous n’avons pas baissé nos prix, contrairement à d’autres promoteurs qui connaissent des problèmes de trésorerie ou de stocks à écouler », explique-t-il. En huit mois, Palmeraie Développement a vendu 40 % du programme resort des Jardins de l’Atlas (dont la livraison est attendue en 2011), avec un prix moyen au mètre carré d’environ 16 000 dirhams (1 450 euros). Ce qui permet au groupe de résister. La clientèle ? Elle est locale, originaire de Casablanca ou de Rabat, âgée de 30 à 40 ans et désireuse d’acquérir une résidence secondaire dans un environnement où les loisirs et les services sont à proximité. Côté financement, la formule de la gestion locative proposée par le groupe a séduit les acheteurs.

Youssef Iben Mansour, président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI), confirme que face à la crise les promoteurs revoient leur stratégie marketing et se tournent de plus en plus vers la clientèle locale. « Certains redimensionnent leurs projets, innovent dans de nouveaux produits, comme les logements meublés ou à efficacité énergétique », précise le président de la FNPI.

Quant aux stations balnéaires et autres cités touristiques du royaume, « il est clair qu’il faut revoir les programmes, tenir compte de la conjoncture et y aller par tranche », concède Omar Lahlou. Palmeraie Développement détient notamment 33 % dans le projet de développement de la zone touristique de Cala Iris, sur la côte méditerranéenne, et est par ailleurs impliqué à hauteur de 40 % dans le mégaprojet de Ouarzazate Lake City – aménagement d’un complexe dédié aux loisirs sur 330 ha, estimé à 600 millions d’euros – qu’il développe aux côtés d’Actif Invest, Maghreb Siyaha Fund et, plus récemment, Alliances Développement Immobilier.

De son côté, le ministère du Tourisme estime avoir de la visibilité pour seulement quatre des six stations touristiques prévues dans le plan Azur (voir pp. 62-64) : Saïdia (au nord d’Oujda) et Mazagan (entre Casablanca et Agadir), dont le lancement est prévu cette année, ainsi que Port Lixus (près de Tanger) et Mogador (près d’Essaouira).