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Cet article est issu du dossier «La méthode chinoise»

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Du côté de Kinshasa

| Par Jeune Afrique

Que faire quand dans votre pays tout est urgent – santé, éducation, infrastructures – et que vous devez déjà 10 milliards de dollars aux bailleurs de fonds occidentaux ? Dans cette situation critique au lendemain de son élection, en octobre 2006, le chef de l’État congolais Joseph Kabila s’est tourné vers la Chine. Confrontée à de colossaux besoins en matières premières que la RD Congo pourrait satisfaire, elle lui a tendu les bras.

Pékin et Kinshasa, liés par une coopération ancienne, ont rapidement trouvé un terrain d’entente. Fin 2007, les deux pays ont signé des contrats pour un montant total de 9,2 milliards de dollars. Dans les relations économiques entre la Chine et l’Afrique, jamais les sommes en jeu n’avaient été aussi importantes. De chaque côté, le « deal » est présenté comme « gagnant-gagnant ». La partie chinoise réalise de gigantesques travaux – 3 200 km de chemins de fer et autant de routes bitumées, 2 barrages hydroélectriques, 2 000 logements à Kinshasa… En échange, la RD Congo lui cède le droit d’exploiter un gisement de cuivre et de cobalt, dont les réserves sont estimées respectivement à 10,6 millions et 620 000 tonnes, au Katanga, dans le sud-est du pays.

Pour Joseph Kabila, les « contrats chinois » sont une aubaine : ils lui permettent d’entamer la reconstruction du pays, les fameux « Cinq Chantiers » promis pendant la campagne électorale. Mais du point de vue de l’opposition, ils ont été signés dans l’opacité et, contrairement à la version officielle, lèsent le pays. Elle avance notamment que le cuivre et le cobalt ont été bradés.

En écho, les bailleurs de fonds occidentaux désapprouvent eux aussi. Sur le papier, l’État doit se porter garant si les réserves minières ne sont pas à la hauteur des estimations. Pour le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale, les États-Unis et l’Union européenne, cette clause – qui porte sur 3,2 milliards de dollars – équivaut à un réendettement de la RD Congo. Impossible, dans ces conditions, d’effacer sa dette extérieure, estimée à 10 milliards de dollars.

Kinshasa n’aura pas pour autant à choisir entre la Chine et l’Occident. Des négociations sont en cours qui devraient aboutir à une révision à la baisse du montant des contrats, de sorte qu’ils ne seraient plus un obstacle à une annulation de la dette congolaise. Le montant de la réduction devrait être calculé en fonction des conclusions d’une étude de faisabilité censée préciser le volume – et donc la valeur – des réserves minières cédées à la Chine. Mais plusieurs fois promis, le document est toujours attendu. De lui dépend pourtant l’entrée en activité de la Sicomines – la joint-ven­ture créée pour l’exploitation minière – et, finalement, le démarrage véritable des travaux encore balbutiants.

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