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Omar Jazouli
Marrakech en héritage

L’actuel maire de Marrakech aime à rappeler que sa famille est installée dans la ville ocre depuis plus de cinq siècles. Député depuis 1977, Omar Jazouli est élu maire en 2003 sous la bannière de l’Union constitutionnelle. Fin connaisseur de la ville et de ses habitants, il affiche une grande confiance. « Je vais gagner ! assure-t-il en riant. Les Marrakchis ne sont pas des gens ingrats, ils savent ce que j’ai fait pour eux. » Son bilan est d’ailleurs, de l’avis de beaucoup de ses administrés, à mettre à son crédit. Éclairage public, infrastructures routières, assainissement des égouts, le maire est parvenu à faire de Marrakech une ville touristique d’envergure internationale. Selon un entrepreneur de la ville, « Jazouli a compris qu’il fallait attirer les investissements étrangers à la fois pour préserver le patrimoine de la ville et pour générer des emplois ».
Très sensible aux questions d’environnement, il a permis à Marrakech d’être la première ville arabe et africaine à recevoir le label ISO 14001. Les espaces verts ont également été très étendus, pour atteindre 14 m2 par habitant. Rien n’est trop beau pour la capitale touristique du royaume. Le maire se prend alors à rêver : il veut remplacer les mobylettes par des motos électriques, créer des couloirs de bus et approvisionner toute la périphérie en eau et en électricité.
Mais où le maire de Marrakech trouve-t-il les moyens de ses ambitions ? « Depuis 2004, nous avons multiplié les recettes de la ville par deux. Nous avons informatisé tout le système administratif, ce qui permet d’être plus rigoureux sur le plan fiscal. » Du côté de ses adversaires, on insinue que le maire est un piètre gestionnaire et que la ville serait endettée jusqu’au cou.
À 60 ans, ce vieux routier de la politique n’en est pas à son coup d’essai. Pour le déstabiliser, ses opposants n’ont pas hésité à verser dans les attaques personnelles. Le 13 mai, des quotidiens arabophones publient les révélations d’un homme qui affirme avoir eu des rapports sexuels avec Jazouli. « Plutôt que de me combattre sur mon programme, mes adversaires ont préféré monter cette sombre affaire », se désole-t-il. Dans une ville longtemps montrée du doigt pour ses dérives, comme la prostitution et la pédophilie, le maire se serait bien passé d’une telle campagne.

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