Société

Circoncision collective

Le chef de l’État préconise à ses compatriotes l’ablation du prépuce pour lutter contre le sida.

Par
Mis à jour le 9 juin 2009 à 12:39

© DR

Ian Khama, le président du Botswana, en demande beaucoup à ses compatriotes de sexe masculin. Après être parti en croisade contre l’alcoolisme et avoir imposé, en septembre dernier, une taxe de 30 % sur le prix des spiritueux, cet ancien militaire – formé à l’Académie royale de Sandhurst, en Grande-Bretagne – a décidé de prendre le taureau par les cornes pour enrayer la progression du sida. Fin mai, le ministère de la Santé a présenté un plan prévoyant la circoncision de 460 000 hommes d’ici à 2012, soit près de la moitié de la population masculine ! Conscient du risque d’échec, l’État fait diffuser à la télévision et à la radio des « spots » encourageant les intéressés à se soumettre à cette délicate opération. Douloureuse, mais néanmoins salutaire, d’après la communauté scientifique. Selon plusieurs études – réalisées notamment au Kenya, en Afrique du Sud et en Ouganda –, pour l’homme circoncis, les risques d’être atteint par le virus sont de 60 % inférieurs à la moyenne. Loin d’être une solution miracle, l’ablation du prépuce peut donc néanmoins ralentir la progression de la maladie qui, au Botswana, touche 24 % des adultes et a dramatiquement fait chuter l’espérance de vie à 34 ans.

L’idée n’est pas fantaisiste et reçoit l’appui de l’Organisation mondiale de la santé et de l’Onusida. En février dernier, les deux institutions ont participé au lancement d’un site Internet au nom explicite : www.malecircumcision.org. L’objectif est de mettre à disposition une documentation sur le sujet, de prévenir des risques d’infection encourus en cas d’opération avec des instruments non stérilisés, mais aussi de chasser les idées reçues sur le sujet : la circoncision ne prémunit pas à 100 % du virus et ne dispense donc pas de l’usage du préservatif