Politique

On prend les mêmes…

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La coalition pro-occidentale emmenée par Saad Hariri remporte contre toute attente les législatives. Mais le Hezbollah et ses alliés conservent une minorité de blocage.

Les élections libanaises du 7 juin vont sans doute déboucher sur la formation d’un gouvernement d’union nationale et sur un Parlement divisé. La coalition pro-occidentale emmenée par le Mouvement du futur de Saad Hariri l’a emporté contre toute attente (71 sièges). Mais l’alliance conduite par le Hezbollah maintient ses positions et détient toujours une minorité de blocage au sein du gouvernement (57 sièges). En dépit d’une campagne extrêmement tendue, pas grand-chose ne devrait changer – il en aurait probablement été de même si le résultat avait été différent. Les contraintes sectaires liant la myriade de partis en une complexe équation de partage du pouvoir rendent très difficile toute modification du schéma politique.

Saad Hariri, le fils de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, assassiné en 2005 après une rupture officielle avec la Syrie, a néanmoins remporté une victoire remarquable. Le soutien des États-Unis et des Saoudiens, soucieux de circonvenir le Hezbollah, soutenu par l’Iran, n’a pas été de trop. Le fait que le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, ait averti les chrétiens que le vote pouvait « changer la physionomie du Liban » en invoquant implicitement une menace iranienne sur son identité arabe a aussi joué en faveur d’Hariri. De même que la volatilité de l’électorat expatrié et le souvenir de la prise de Beyrouth-Est, chrétien, par le Hezbollah, en mai dernier. Hassan Nasrallah, son chef, n’a pas fait de cadeaux à ses alliés en saluant ce recours à la force : Michel Aoun, le populiste général chrétien, a été balayé dans les quartiers de Beyrouth-Est, qui ont le plus souffert des combats de 2008.

L’attention va désormais se focaliser sur la recherche d’un Premier ministre de compromis. Dans les capitales occidentales (et sunnites), on se félicite que l’Iran n’ait pu placer ses pions. Mais il vaudrait mieux se concentrer sur la faible ampleur du changement, car c’est ce qui fait du Liban une perpétuelle poudrière.

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