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Cet article est issu du dossier «Togo, attention, fragile!»

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Politique

Kofi Yamgnane, le troisième homme ?

| Par Jeune Afrique

Né au Togo en 1945 et naturalisé français en 1975, ce binational a grandi en Bretagne, où il est devenu maire d’un petit bourg, puis secrétaire d’État à l’Intégration, député… Désormais, c’est au Togo qu’il veut servir ses concitoyens.

Il a poliment refusé les propositions de Nicolas Sarkozy d’entrer à nouveau dans un gouvernement français. Contrairement à certains de ses anciens collègues, Kofi Yamgnane continue de revendiquer son appartenance : « Socialiste je suis, socialiste je resterai ! » Mais si l’ancien secrétaire d’État de François Mitterrand, l’une des premières figures de la diversité dans l’Hexagone, rejette actuellement toute proposition, c’est surtout parce qu’il se porte candidat à la magistrature suprême en 2010… au Togo.

 

On ne le connaît que de nom

Il a pris sa décision au lendemain du scrutin présidentiel de 2005, pour lequel il n’a pu entrer en lice faute de répondre à tous les critères légaux. Marqué par l’issue funeste de la consultation, cet ingénieur de formation, originaire de Bassar, a décidé de se présenter de nouveau. « On ne peut pas tuer entre 400 et 500 personnes parce qu’elles ont mis un bulletin dans une urne, cela n’a aucun sens », explique-t-il.

Pour se lancer dans la course, Yamgnane a attendu que ses mandats électifs français arrivent à leur terme. « J’aurais pu être confortablement installé au Sénat, mais j’en ai décidé autrement. Je suis désormais libre pour regarder le peuple togolais dans les yeux. »

Reste un obstacle de taille. Les Togolais ne le connaissent pas, ce qu’il concède. « Je viens de la diaspora, et alors ? Mais tous les Togolais connaissent mon nom. » Et pour qu’ils découvrent désormais sa personnalité et ses projets, l’ancien maire de la petite bourgade bretonne de Saint-Coulitz, s’il n’est pas encore officiellement candidat, est déjà en précampagne. Chaque jour, il parcourt le Togo profond et va au-devant des chefs de village pour être au cœur de la réalité de son pays d’origine.

 

Ni pour le régime ni pour l’opposition

Entre les partis de l’opposition que sont l’Union des forces de changement (UFC) et le Comité d’action pour le renouveau (CAR), son mouvement, « Sursaut Togo », qu’il a créé en février 2005 au lendemain de la mort de Gnassingbé Eyadéma, veut être une voie médiane. Son programme ? Les jeunes, la lutte contre le chômage, l’amélioration de la situation des femmes ou encore la santé pour tous.

Kofi Yamgnane ne ménage pas ses critiques à l’égard du régime, auquel il n’apporte aucun crédit. Pas même le retour de la communauté internationale. « Où est-elle ? Ce ne sont que des promesses. Rien ne fonctionne ici. Il n’y a même pas de station d’épuration à Lomé. »

Quant à son positionnement par rapport à l’opposition, il est lui aussi sans concession : « Ses représentants ont fait ce qu’ils ont pu au péril de leur vie. Mais ils ont atteint leurs limites. L’UFC n’y arrive pas et le CAR sort fragilisé du jeu politique. Il faut en tirer les leçons et ne pas faire la campagne de trop. »

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