Politique

Ces milliards qui s’évaporent

Mis à jour le 20 juillet 2009 à 16:57

Une crise d’urticaire géante. C’est la drôle d’épidémie que provoque, à Bamako, la parution du rapport annuel du vérificateur général Sidi Sosso Diarra, « Monsieur Anticorruption » du Mali et véritable poil à gratter des corrompus et autres prévaricateurs locaux.

Remis le 13 juillet au président Amadou Toumani Touré (ATT), le dernier rapport dénonce un manque à gagner pour l’État de plus de 98 milliards de F CFA (150 millions d’euros), dont 40,7 milliards de F CFA (62 millions d’euros) imputables à des fraudes et le reste à une mauvaise gestion. Un montant qui n’est pas loin du record de 2006 (103 milliards). 

Responsables épinglés

L’ampleur du manque à gagner s’explique davantage par la taille des administrations contrôlées que par le nombre croissant des missions de vérification (quarante-neuf, contre trente-trois l’année précédente). Sont particulièrement pointés du doigt le Trésor public, le ministère de l’Équipement et des Transports, celui de l’Éducation nationale et, comme d’habitude, l’Administration des douanes. « À elles seules, ces entités sont responsables de plus de 65 % du manque à gagner total », relève Diarra.

Tout n’est cependant pas perdu pour le contribuable. Une trentaine de milliards de F CFA ont déjà été recouvrés depuis la nomination de Diarra par ATT, en 2003 (avec un mandat irrévocable de sept ans). Hélas, les taux de recouvrement exacts ne sont pas divulgués. « Le procureur du pôle économique en charge de ces dossiers refuse de nous les communiquer », regrette le vérificateur général. Qui, par ailleurs, se félicite tout de même de la mise en œuvre de 80 % des recommandations émises par son bureau.