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Une ONG contre les pilleurs de mines

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Mis à jour le 27 juillet 2009 à 15:04

C’est un secret de polichinelle que l’organisation Global Witness révèle dans le rapport qu’elle vient de publier : les mines de l’est du Congo sont exploitées par des groupes armés, et leur production achetée, les yeux fermés ou presque, par de grandes compagnies internationales. L’ONG ajoute de nouvelles preuves à celles recueillies à ce sujet depuis plus de dix ans. Mais elle montre surtout qu’en dépit de tous les cris d’alarme, pillages et exactions se poursuivent. Global Witness cite les noms de plusieurs sociétés – Thailand Smelting and Refining Corp., filiale du géant britannique Amalgamated Metal Corporation PLC, Afrimex, autre société britannique ; les belges Trademet et Traxys, etc. – qui s’approvisionnent en cassérite (étain), or, coltan, tungstène et divers autres minerais via des « comptoirs » situés au Rwanda ou au Burundi.

L’ONG dénonce la « militarisation de l’activité minière ». Au premier rang des profiteurs, les Hutus des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) et l’armée nationale congolaise, qui, lorsqu’ils ne s’affrontent pas sur les champs de bataille, s’entendent pour se partager le butin. Les mines sont souvent exploitées directement par les groupes armés, mais ceux-ci se bornent parfois à prélever une part de la production ou à racketter les exploitants le long des routes.

Les premières victimes sont évidemment les « mineurs » et autres « creuseurs ». Mais c’est l’ensemble de la population qui, depuis des années, vit dans la terreur. Comme les diamants du sang, les minerais de l’est du Congo sont à la fois le but et le nerf de la guerre. Et rien ne changera tant que la question ne sera pas au cœur des négociations de paix.