Culture

Les étoiles montantes africaines-américaines

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Des Africains-Américains se sont imposés avec talent dans tous les domaines. Leurs noms vont bien au-delà des frontières américaines : Will Smith, Queen Latifah, Oprah Winfrey, Jesse Jackson, Michael Steele et bien d’autres… Coup de projecteur sur cinq d’entre eux, moins connus hors des États-Unis, mais avec qui il faut d’ores et déjà compter.

Valérie Jarrett

Âgée de 52 ans, cette avocate est une très proche conseillère d’Obama – rôle qu’elle tenait déjà durant la campagne présidentielle. Née à Shiraz (Iran) en 1956 de parents américains, elle y a vécu jusqu’à ses cinq ans avant de revenir au pays, après une halte d’un an à Londres. Diplômée en psychologie de l’Université de Stanford (1978) et en droit de l’Université du Michigan (1981), elle s’est lancée en politique en 1987. Elle travaillait alors pour le premier maire noir de Chicago, Harold Washington, peu de temps avant son soudain décès. C’est d’ailleurs dans ce cadre qu’elle a embauché Michelle Robinson, la future First Lady. Bien qu’elle raconte à l’envi avoir voulu s’engager dans le public pour que sa fille Laura soit fière d’elle, c’est aussi une femme d’affaires avisée, qui a été directrice générale de The Habitat Company (1995-2002), une société de développement immobilier, et membre du conseil d’administration, puis présidente, de la Bourse de Chicago (2000-2007). Elle est aussi très active dans plusieurs conseils d’administration (University of Chicago Medical Center, Chicago’s Museum of Science and Industry…). C’est dire si son réseau et son entregent sont importants – et ce bien au-delà de l’Illinois.  

 

Mark Whitaker

Âgé de 51 ans, père de deux enfants, Mark Whitaker dirige actuellement le bureau de Washington de la chaîne américaine NBC News, dont il est aussi vice-président. Ce journaliste diplômé du Harvard College en 1979 et du Balliol College en 1981 a commencé sa carrière au sein de l’hebdomadaire Newsweek. En 1987, il en est promu rédacteur en chef « business » avant de s’intéresser aux questions liées aux nouvelles technologies. Auteur d’essais sur la question raciale, il devient le premier rédacteur en chef africain-américain de Newsweek en novembre 1998. « Je suis fier et honoré d’être à cette place, mais mon objectif est d’être le meilleur rédacteur en chef possible de Newsweek, pas seulement le meilleur rédacteur en chef noir », déclare-t-il. Sous sa direction, l’hebdomadaire a reçu entre 1998 et 2006 quatre National Magazine Awards pour sa couverture de l’affaire Lewinsky, des attentats du 11 Septembre, de la guerre en Irak et de l’élection présidentielle de 2004. Il est désormais responsable pour NBC et MSNBC de la couverture de tout ce qui se passe à Washington. Il est aussi l’un des piliers de l’incontournable émission politique Meet the Press.

 

Donna Brazile

Originaire de Louisiane, où elle est née en 1959, Donna Brazile est une analyste et stratège politique proche du Parti démocrate. Première Africaine-Américaine à diriger une campagne présidentielle – celle d’Al Gore en 2000 –, elle avait précédemment offert ses services à Jimmy Carter (1976 et 1980), Jesse Jackson (1984), Walter Mondale (1984) et, brièvement, Michael Dukakis (1988). Adepte d’un certain franc-parler, elle a dû démissionner de cette dernière campagne pour avoir relayé une rumeur, non fondée, concernant une supposée aventure extraconjugale de George H. Bush. Cela ne l’a pas empêchée, en 1992 et 1996, de conseiller un certain Bill Clinton. Professeur à l’Université du Maryland et à la Georgetown University, elle est une commentatrice politique respectée qui intervient régulièrement sur CNN et écrit pour Roll Call et Ms. Magazine. Elle est enfin la fondatrice et directrice de Brazile & Associates LLC, une société de conseil et de lobbying basée à Washington.

 

James Rucker

La lutte pour l’égalité est loin, très loin d’être achevée. L’affaire des « six de Jena » a, entre 2006 et 2007, défrayé la chronique. Six adolescents noirs ont en effet été durement jugés pour une agression contre un camarade blanc, après des tensions provoquées par l’installation de trois nœuds coulants sous un arbre « réservé aux Blancs » après que trois Africains-Américains se furent assis sous son ombre… Né en Californie et diplômé de Stanford, James Rucker a joué un rôle important dans la mobilisation qui a suivi cette affaire via son organisation en ligne, colorofchange.org, qui vise à « amplifier la voix politique de l’Amérique noire ». Ce groupe de lobbying est né après le passage de l’ouragan Katrina, qui a « démontré clairement » que le manque de moyens d’expression des Africains-Américains pouvait avoir des « conséquences mortelles ». Engagé dans le domaine des réformes scolaires et des questions d’égalité, adepte des nouvelles technologies passé par la Silicon Valley, James Rucker est fidèle à un slogan toujours d’actualité après des années de combat : « Quand nous nous unissons et parlons d’une seule voix, nous ne pouvons être ignorés. »

 

Phil Wilson

Diplômé en arts de l’Illinois Wesleyan University (1977), Phil Wilson écrit régulièrement dans des journaux tels le New York Times, Ebony, Vibe ou Essence. Son cheval de bataille, c’est la lutte contre le sida, en particulier auprès des Africains-Américains. C’est ainsi dans le but « de mettre fin à la pandémie au sein de la communauté noire en engageant et en mobilisant les institutions et les individus » qu’il a créé et dirige le Black AIDS Institute. Ce think-tank publie des rapports et propose des solutions aux églises, aux institutions impliquées dans la lutte pour les droits civiques, et aux médias. Une date a même été arrêtée pour atteindre cet objectif : 2012… Avant cela, Wilson s’était déjà investi dans divers organismes de lutte contre la maladie, notamment à Los Angeles, où il habite. Dernièrement, il affirmait : « Dans la capitale du pays le plus riche et le plus puissant du monde, la prévalence du virus est plus importante qu’à Port-au-Prince, la capitale du pays le plus pauvre de l’hémisphère Nord. Cette prévalence parmi les hommes noirs à Washington est supérieure de 40 % à celle que l’on constate en moyenne dans les pays d’Afrique subsaharienne. Le niveau d’infection parmi les Noirs du district de Columbia est plus élevé que dans 28 pays africains. » Il ne reste que trois ans avant 2012…

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