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Guinée Equatoriale, la politique du résultat

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Le revers de la manne pétrolière

Depuis quinze ans, le pays enregistre la plus forte croissance au monde. Pour passer du statut de « petit émirat » à celui de modèle de développement, il doit désormais réussir la diversification et relancer les filières qu’il a négligées.

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Mis à jour le 4 août 2009 à 17:54

Cuves de fermentation, dans une brasserie de la Soeguibe (groupe Castel), à Bata. © François Perri/REA

La retombée de l’euphorie pétrolière de 2008, en raison de la crise économique mondiale, n’a pas entamé le dynamisme de l’économie équato-guinéenne. Après 23,2 % en 2007, puis 11 % l’an dernier, l’évolution du produit intérieur brut (PIB) devrait se situer à 7 % en 2009, bien au-dessus de la moyenne sous-régionale.

Comme à son habitude depuis plus d’une décennie, le pays affichera donc, cette année encore, une croissance soutenue, grâce à l’effet d’entraînement du secteur du BTP, dont le volume d’investissements depuis 1995 dépasse les 2 milliards de dollars.

 

Une décennie de performances

Ce niveau confirme que, contrairement à d’autres pays de la sous-région, la découverte de brut au début des années 1990 n’a pas entraîné de chaos en Guinée équatoriale. Bien au contraire. L’exploitation du champ historique de Zafiro à partir de 1992, complétée par celles d’Alba, Okoumé et Ceiba, a dégagé l’horizon de l’ancienne colonie espagnole en lui permettant d’accroître de façon accélérée ses infrastructures, mais aussi son train de vie. Le PIB par habitant est ainsi passé de 1 754 dollars en 2001 à près de 17 000 dollars en 2008.

Ces performances continuent de modifier profondément et durablement les données socio-économiques du « petit émirat ».

Première puissance financière de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), Malabo dispose toujours d’importantes réserves monétaires. « Les prévisions de 2009 tablaient sur 4,4 milliards d’euros, mais elles ont été revues à 3,9 milliards », note un expert de la Banque centrale de Guinée équatoriale. Même revu à la baisse, ce matelas reste confortable pour mener à bien les quelque 1 500 projets de développement, tous secteurs confondus, actuellement dans les tuyaux des ministères techniques.

 

Quel avenir après le brut ?

Le pétrole a cependant provoqué un « syndrome hollandais », selon lequel une économie dépendante à l’excès des hydrocarbures, portée par une devise forte dérivant des exportations pétrolifères, tend à abandonner les autres secteurs économiques. Aussi, la Guinée équatoriale doit-elle relever trois défis : la diversification, l’amélioration de la formation et celle de ses indicateurs sociaux. « Le pétrole a eu un impact très négatif sur les autres filières comme l’agriculture », explique un observateur. La Conférence économique nationale, qui s’est tenue à Bata en novembre 2007, rappelle les priorités pour les vingt prochaines années. Celles-ci reposent essentiellement sur la relance de certaines filières, à commencer par l’agriculture, la pêche et le cacao, ainsi que le tourisme et les services.