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Cet article est issu du dossier «Guinée Equatoriale, la politique du résultat»

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Une frénésie raisonnée

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Les rapides de Sendje sur le rio Welé, à 40 km de Bata.

Les rapides de Sendje sur le rio Welé, à 40 km de Bata. © Norbert Parola

Bâtisseur dans l’âme, le chef de l’État a suivi des plans bien établis pour construire le pays. Il joue la concurrence, vérifie lui-même l’avancement des travaux, visite ce qui se fait à l’étranger… Plus de mille chantiers majeurs sont encore prévus d’ici à 2020, sur tout le territoire. Est-ce réaliste ?

De retour en Guinée équatoriale après quelques mois d’absence, le visiteur est chaque fois étonné. Ici, un pont a été construit, là un nouvel édifice public, plus loin, une centrale… Partout, le paysage change, à vitesse grand V. Grâce aux revenus du pétrole, ses 700 000 habitants voient jour après jour le pays se métamorphoser. « Nous consacrons environ 750 milliards de F CFA [1,14 milliard d’euros, NDLR] par an aux infrastructures économiques et sociales. Sans compter les investissements dans les infrastructures énergétiques, qui représentent environ 500 millions d’euros sur cinq ans », explique Marcelino Oyono Ntutumu, le ministre des Travaux publics et des Infrastructures.

La crise financière internationale n’a pas remis en cause les projets. En 2009, avec la montée en puissance de la production de gaz, les recettes tirées des hydrocarbures ne devraient pas baisser, d’autant que les cours du baril remontent.

Routes, ports et aéroports, équipements sociaux (hôpitaux et écoles), réseaux de télécommunications et d’électricité, centrales à gaz ou hydroélectriques (dont celles de Djiploho, la plus grande, et de Sendje, sur le rio Welé), programmes d’adduction d’eau potable à Bata, Malabo, Riaba, Luba et Baney, logements, édifices publics de prestige, comme le nouveau palais présidentiel de Malabo, ou plus modestes, telles les mairies des districts, restauration du patrimoine architectural… toutes les provinces sont concernées par les réalisations.

 

Une modernisation qui profite aussi aux ruraux

Parmi les infrastructures clés, celles liées au transport, qui « ont pour but de désenclaver les provinces, de faciliter les déplacements des populations, de stimuler la production et de nous connecter aux pays voisins, souligne Oyono Ntutumu. Leur réalisation profitera à toutes les activités ». Le pays étant constitué d’îles et d’une partie continentale, le développement des infrastructures de transports a, évidemment et plus qu’ailleurs, une dimension d’aménagement du territoire. Et, grâce à elles, de nouveaux secteurs pourront en effet prendre le relais des hydrocarbures dans la stratégie du pays, qui vise à diversifier les sources de croissance, à commencer par les services de transport, avec la création de hubs aériens et maritimes, mais aussi le tourisme.

Côté routes, les choses vont bon train. « Il nous reste quelque 200 km de routes à goudronner pour relier tous les districts aux chefs-lieux de province et nous connecter avec les voisins, continue le ministre. D’ici à cinq ans, ce sera terminé. » Côté projets d’extension ou de construction de ports et d’aéroports – à Malabo, dans l’île de Bioko, ainsi qu’à Bata, Mongomo, Mongomeyen et Kogo, sur le continent, ou encore sur les îles de Corisco et d’Annobón –, les choses avancent aussi à pas de géant. Dans dix ans, leur complète mise en exploitation sera effective.

Engagée au début des années 2000, la phase de construction et de modernisation du pays devrait s’achever en 2020. Parmi les principaux projets à venir figure l’aménagement d’une nouvelle ville, Oyala, actuellement petite bourgade située au cœur du Rio Muni, la partie continentale du pays, à moins de 100 km de l’ensemble des districts de la région. Il ne s’agira ni d’une future capitale, ni d’un centre administratif, mais d’une ville à vocation industrielle. Un moyen de « canaliser l’exode rural grâce aux emplois qui y seront créés, et d’éviter que la population du Rio Muni n’afflue vers les deux grandes villes du pays. Une usine de construction de béton y a déjà été installée, d’autres suivront », précise Oyono Ntutumu. De quoi faire monter l’adrénaline des entreprises de BTP, qui ne savent plus où donner de la tête tant les projets sont nombreux. Bouygues est déjà sur les rangs. Mais il y en aura pour tout le monde.

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