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Cet article est issu du dossier «Guinée Equatoriale, la politique du résultat»

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Société

Urgence sur la formation professionnelle

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A l’institut national d’enseignement intermédiaire Rey Malabo (Inem)

A l'institut national d'enseignement intermédiaire Rey Malabo (Inem) © Vincent Fournier pour J.A

Le déficit de main-d’œuvre qualifiée retarde les projets de développement, ainsi que l’évolution du niveau de vie des Équato-Guinéens. Mieux formés, ils pourront prétendre à de meilleures rémunérations.

Certes, le marché du travail est dynamique, pourtant, par manque de qualification, peu d’Équato-Guinéens occupent des postes d’expertise. « L’obligation faite aux entreprises d’embaucher 80 % de nationaux ne s’applique d’ailleurs pas aux postes requérant de l’expertise, explique un patron. Mais, même pour les autres postes, nous sommes obligés de recourir à des expatriés et de consacrer une part importante de notre budget à la formation. »

Le pays ne compte en effet que deux établissements publics d’enseignement secondaire technique – le Modeste Gene Roz, à Bata, et le 12-Octubre, à Malabo –, qui proposent 4 filières : administration, mécanique auto, menuiserie et électricité. S’y ajoutent des écoles privées, formant principalement des secrétaires et agents de saisie, ainsi que l’École du gaz, créée par l’entreprise publique EG-LNG. C’est peu. Et c’est pourquoi les conclusions de la conférence économique « Guinée équatoriale, horizon 2020 », tenue à Bata en 2007, ont fait de l’éducation et de la formation une priorité.

L’objectif de la réforme de la formation professionnelle est de doter les établissements secondaires en matériels techniques et d’augmenter le nombre de filières pour répondre aux besoins actuels et futurs de l’économie. « Le secondaire comptera deux niveaux. D’abord un tronc commun, avec une initiation aux technologies de base, qui durera quatre ans, puis des filières spécialisées, sur deux ans. Nous introduirons par ailleurs davantage de pratique dans nos cours », explique Anselmo Ondo Eseno, le ministre de l’Éducation, des Sciences et des Sports.

 

Entre l’espagnol et le français

Toutes les coopérations bilatérales et multilatérales sont sollicitées pour appuyer la réforme. Parmi les projets à venir, celui préparé avec la France est très attendu. Évalué à 300 millions d’euros, il vise la construction de cinq centres professionnels, de niveau BTS, implantés dans les grandes villes du pays, ainsi que l’élaboration de matériel pédagogique pour former des enseignants. Outre un tronc commun, chaque centre dispensera des matières spécifiques, en fonction des ressources et des objectifs de développement locaux. Pour les futurs élèves, le défi est important, car l’enseignement sera en français, alors que l’espagnol reste la langue du système éducatif. Toutefois, il est prévu « d’introduire des cours en français dès l’école primaire, pour faciliter ensuite l’acquisition des connaissances », assure Ondo Eseno.

L’Université nationale de Guinée équatoriale (Unge), qui compte 1 000 étudiants répartis dans ses trois facultés, n’échappe pas au toilettage. Elle s’est enrichie de nouvelles disciplines, comme la biodiversité, et multiplie les coopérations avec ses homologues étrangères. Prochainement, elle adoptera le système Licence-Master-Doctorat (LMD), en vigueur dans l’espace de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). Pour l’heure, c’est à l’étranger que les étudiants Équato-Guinéens doivent achever leur cycle supérieur, l’Unge ne préparant que jusqu’à la licence. En tout cas, « ils ont au moins une certitude, celle d’être embauchés avant même la fin de leurs études », relève Carlos Nsé Nsuga, le recteur de l’Unge.

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