Musique

Fespam 2009, Brazza donne le ton

les Bantous de la Capitale au festival panafricain de musique à Brazzaville, le 3 août © Baudouin Mouanda

Venus du Cameroun, de Guinée équatoriale, d’Égypte, de Côte d’Ivoire, de RD Congo, d’Angola ou d’Afrique du Sud, des dizaines de groupes et de musiciens ont participé, du 3 au 7 août, à la 7e édition du Festival panafricain de musique (Fespam) à Brazzaville. Institué en 1996 par la défunte Organisation de l’unité africaine (OUA) et organisé tous les deux ans, le Fespam est considéré comme un rendez-vous important des musiques du continent, tous genres confondus.

Ouverte par le chef de l’État congolais, Denis Sassou Nguesso, l’édition 2009 a rendu hommage à d’illustres disparus : le Congolais Rapha Boundzeki, la Sud-Africaine Miriam Makeba, l’Africain-Américain Michael Jackson. Et honoré le dernier monument de la musique congolaise : l’orchestre Les Bantous de la Capitale, qui fête ses 50 ans.

 

Un balafon pour jouer du Bach

Comme à chaque édition, un symposium s’est tenu en marge du festival. Thème de cette année : « les musiques africaines face à la mondialisation ». Plusieurs questions ont provoqué des controverses. Comme celle de savoir si l’on peut encore parler de musiques africaines lorsqu’on utilise des instruments étrangers. Pour les tenants de l’authenticité culturelle, à l’instar du musicologue kényan Charles Nyakiti Orawo, sans instruments africains, plus de musiques africaines. D’autres, comme Ba Banga, estiment au contraire que le recours à des instruments occidentaux est un enrichissement. Pour pallier les limites du balafon traditionnel heptatonique, le Camerounais a créé un balafon chromatique grâce auquel il peut jouer toutes les musiques, y compris du Bach.

Comment vivre sans droits d’auteur ? La plupart des artistes du continent sont confrontés à cette dure réalité. En cause, la mauvaise gouvernance, la difficulté de recouvrer les taxes dues par les usagers, le piratage… Yoka Lye Mudaba, directeur honoraire de l’ancienne Société nationale des éditeurs, compositeurs et auteurs (Soneca) de l’ex-Zaïre, attribue le non-versement des droits d’auteur à l’absence d’un État de droit et à un manque de solidarité entre les créateurs.

Quand cela marche, il y a des heureux. À Brazzaville, par exemple, Roga Roga, leader du groupe local Extra Musica, sort du lot. Le chanteur aurait touché 35 millions de F CFA (plus de 53 000 euros) en 2008. Une exception.

Le piratage reste très préoccupant. En Côte d’Ivoire, en 2008, ce fléau a coûté 4,5 milliards de F CFA (6,8 millions d’euros) et 500 000 supports ont été ­saisis, selon le commissaire Francis Nielbien Ouattara, de la Brigade de lutte contre la fraude et la piraterie des œuvres culturelles. 

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