Culture

Bisso Na Bisso récidive

Le collectif emmené par le rappeur d’origine congolaise Passi revient, dix ans après ses débuts, avec Africa. Un album promis à un bel avenir sur les dancefloors.

Par
Mis à jour le 11 août 2009 à 17:19

Bisso na Bisso, avec Passi (à gauche) © DR

C’était il y a dix ans déjà. Avec Racines, Bisso Na Bisso (« entre nous » en lingala) frappait un grand coup en France, avec 200 000 exem­plaires écoulés… et secouait les dancefloors africains, avec à la clé deux Kora Music Awards reçus en septembre 1999. À l’époque, le collectif rassemblait les deux frères d’Ärsenik, Lino et Calbo, les 2 Bal, Ben-J des Nèg’Marrons, Mystik (qui a quitté le groupe depuis) et enfin M’Passi, cousine du leader Passi Balende, natif de Brazzaville et précurseur du rap en France avec le groupe Ministère A.M.E.R.

Dix ans plus tard, Bisso Na Bisso s’est entouré d’invités prestigieux des quatre coins de l’Afrique : Angélique Kidjo, Mayra Andrade, Khaled… En témoigne « We are Africa », ode au panafricanisme, qui clôture Africa, leur nouvel album, en évoquant le rêve des États-Unis d’Afrique. « À l’époque déjà, l’idée était de se réunir autour du Congo et de l’Afrique, mais aussi de se tourner vers la diaspora, confie Passi. On invite la culture africaine, nos coutumes, instruments et sonorités, et on la confronte à la culture urbaine qui est aussi devenue la nôtre… Le Bisso Na Bisso est un carrefour culturel. »

Le disque s’ouvre sur des titres calibrés sans doute promis à un bel avenir dans les boîtes de nuit : « Show ce soir », le premier single, « Electrochoc » avec les Ivoiriens Espoir 2000, et « We Are the Champions » version africaine, qui annonce – déjà – la prochaine Coupe du monde de football en Afrique du Sud, en 2010. Pourtant, c’est peut-être sur les morceaux moins festifs que l’on préfère s’attarder : « Racines », le reggae de « Même Combat » avec le Jamaïcain Sizzla, « Endetté » avec Manu Dibango, mais aussi « Bon Voyage », sur l’émigration. Tantôt optimiste, tantôt plus sombre, un disque à l’image de l’Afrique et de ses contrastes. Et Passi de préciser : « On fait de la musique, pas de la politique… On se bat pour amener de la lumière et travailler dans le bon sens. »