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Cet article est issu du dossier «Côte d'Ivoire: déclic électoral?»

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Agroalimentaire

Café-cacao: en attendant la réforme…

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L'usine Chocodi, à Vridi, doublera sa capacité de production

L'usine Chocodi, à Vridi, doublera sa capacité de production © Vincent Fournier pour J.A

Après une vaste opération mains propres au sein des instances dirigeantes de la filière, les autorités sont sur le point de restructurer profondément le secteur.

La filière café-cacao est toujours à la recherche de ses marques. Une fois trouvées, celles-ci devraient permettre à la Côte d’Ivoire de conserver son rang de premier producteur mondial de fèves de cacao, qui lui est de plus en plus disputé par le Ghana voisin et les pays d’Asie. Un an après l’incarcération, pour détournement de fonds, des responsables des quatre structures dirigeantes (créées en 2000 après la libéralisation), les autorités ivoiriennes préparent une nouvelle réforme de la filière café-cacao. De l’amélioration du système de commercialisation à l’évaluation de l’impact des restructurations déjà engagées, en passant par l’exportation, la gestion rationnelle des ressources générées par la parafiscalité et le système d’évaluation périodique des performances… tout est à remettre à plat. Dans un premier temps, l’objectif est de maintenir et d’augmenter les revenus des paysans, qui ont baissé au fil des campagnes agricoles.

Pour ne pas compromettre la récolte et la commercialisation de l’or brun de la saison 2008-2009, qui tire à sa fin, le président Laurent Gbagbo a pris un décret, en septembre 2008, pour que soit mis en place un Comité de gestion de la filière café-cacao (CGFCC), organe provisoire contrôlé par l’État et chargé de gérer la transition avant la mise en place de la nouvelle réforme.

Tour de table marathon

En février dernier, un autre comité, chargé de la réforme de la filière (CRCC), a été créé, présidé par Géraldine Odéhouri Brou (voir p. 114), membre de la cellule juridique de la présidence. Composé de représentants de la primature, des ministères de l’Agriculture et de l’Économie, des producteurs, des banquiers, des négociants et des exportateurs, ce comité a la lourde tâche de proposer un nouveau plan de réforme sur une période de trois mois. Il s’est déjà mis à la tâche en réunissant tous les acteurs de la filière, du 7 au 23 juillet, pour un séminaire de réflexion visant à tracer les grands axes de la réforme. Les recommandations et propositions du CRCC seront transmises fin août à Laurent Gbagbo.

Mais en attendant ces réformes tant annoncées, la saison a été catastrophique. Les paysans, qui n’ont reçu aucun soutien à la production, se sont laissés aller au découragement, avec de lourdes conséquences sur la récolte : 1,1 million de tonnes, contre 1,3 million en 2007-2008, soit 200 000 tonnes de moins et un manque à gagner pour l’État d’environ 68 milliards de F CFA (103,6 millions d’euros) en taxes diverses… Tous les acteurs de la filière sont nostalgiques de l’époque de la puissante Caisse de stabilisation et de soutien des prix des produits agricoles (Caistab), avec son système de vente à terme et de prix garantis aux paysans. Cette structure unique, qui a géré pendant plusieurs décennies le binôme café-cacao, a été démantelée en 2000 sous la pression de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), qui l’accusait d’être la « caisse noire » du régime. « Il faut remettre le paysan au cœur du système en lui fixant un prix minimum garanti. Il faut revenir aux ventes à terme et mettre fin au système de ventes spot, explique un membre du comité de réforme. Et cela passera sans doute par la création d’une seule structure non budgétivore. »

Vers une structure unique

Fin juillet, une importante délégation du CRCC s’est rendue au Ghana pour s’inspirer de l’exemple du Cocoa Board (Cocobod), la structure unique chargée de la gestion et de la commercialisation du cacao au Ghana. On s’achemine donc de toute évidence vers la dissolution de la Bourse du café et du cacao (BCC), du Fonds de régulation et de contrôle (FRC), de l’Autorité de régulation du café et du cacao (ARCC) et du Fonds de développement et de promotion des activités des producteurs (FDPCC), les quatre organes directeurs de la filière, créés en 2000 après la disparition de la Caistab. La mise en œuvre du mécanisme issu de la réforme se fera graduellement, dès la prochaine campagne agricole.

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