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Cet article est issu du dossier «Côte d'Ivoire: déclic électoral?»

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Les Ecoles de la paix donnent un enseignement aux jeunes des bidonvilles

Les Ecoles de la paix donnent un enseignement aux jeunes des bidonvilles © Vincent Fournier pour J.A

80 % de la population a moins de 35 ans. Ils sont des millions à se sentir marginalisés. Et nombre d’entre eux voteront pour la première fois lors du scrutin présidentiel.

« Les jeunes vont aux champs et enlèvent la rosée pour le vieux qui suit leurs pas. Si ce dernier veut passer devant, on ne le suit plus », peut-on entendre dans les villages ivoiriens. Dans l’entourage du Premier ministre, on considère que l’actuel conflit est aussi une crise de générations, avec des leaders politiques qui n’ont pas voulu faire une place à leurs cadets.

Les moins de 20 ans représentent pourtant aujourd’hui la moitié de la population. Laissés-pour-compte, confrontés, pour nombre d’entre eux, à la misère quotidienne, au chômage, à l’insuffisance de filières de formation adaptées et d’infrastructures socio-éducatives, ils se sont fait entendre bruyamment lors de la crise civilo-militaire.

Dans le Nord comme dans le Sud, beaucoup ont pris les armes pour rejoindre les rangs de la rébellion et des ­milices. Au lendemain des événements de novembre 2004, nombreux sont ceux qui ont encore répondu à l’appel de Charles Blé Goudé (voir p. 113) – « Si tu manges, lève-toi ; si tu dors, lève-toi… » – pour manifester contre la France. « Je n’ai pu arrêter mon fils de 15 ans, raconte un préfet de la République. Le doux pays Houphouët, il ne connaît pas. J’ai compris, ce jour-là, que je devais revoir ma grille d’analyse et sortir des schémas traditionnels. »

Une bonne partie de la jeunesse ivoirienne vit aujourd’hui dans les villes. Elle se nourrit de petits boulots, regarde la télé, rêve de lendemains meilleurs, s’exprime et plaisante en nouchi, l’argot du pays, langue intracommunautaire, mélange de dioula, de baoulé, de bété ou encore d’attié. Le jour du scrutin présidentiel, plus de 50 % de l’électorat devrait avoir moins de 35 ans. Beaucoup accompliront leur devoir électoral pour la première fois. À qui feront-ils payer la facture de la crise ?

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