Politique

De Gucht, l’autre Belge

Mis à jour le 9 septembre 2009 à 16:23

« Nous sommes des gens qui ont l’habitude d’appeler un chat un chat, et une carpe une carpe. Et de ne pas prendre une carpe pour un lapin. » C’est sous la forme de ce portrait chinois que, le 1er septembre, Louis Michel a vanté les qualités de son compatriote et successeur, Karel De Gucht, 55 ans. Ce jour-là, le nouveau commissaire au Développement et à l’Aide humanitaire passait son audition devant le Parlement européen. Un exercice dont le libéral flamand, réputé pour son franc-parler, s’est globalement bien tiré, malgré les pièges que les eurodéputés n’ont pas manqué de lui tendre. La socialiste belge Véronique De Keyser lui a ainsi demandé s’il se laisserait à nouveau aller à des « dérapages diplomatiques incontrôlés », allusion à ses propos de 2004 fustigeant le manque de crédibilité des hommes politiques congolais. « Je peux essayer. Quand on dit la vérité, il y a des gens qui réagissent », a-t-il rétorqué. Et de préciser qu’avant de dire publiquement ce qu’il pensait de la classe politique de ce pays, il en avait fait part, en tête à tête, au président Joseph Kabila.

De Gucht a par ailleurs affirmé son intention d’agir au Congo pour lutter contre les violences sexuelles faites aux femmes et contre le commerce minier illicite, qui nourrit les réseaux criminels. Il s’est également engagé en faveur du maintien de l’aide au développement en cette période de crise.

En libéral convaincu, il s’est fait l’avocat des accords de partenariat prônant le libre-échange avec les pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique). Et a lancé un avertissement à Pékin : « La Chine peut apporter son concours en Afrique, mais il faut qu’elle respecte le cadre international. » Même fermeté affichée sur la question des droits de l’homme. De Gucht a rappelé que les Occidentaux avaient réduit leur aide financière au Rwanda avant que Kigali ne lâche la rébellion de Laurent Nkunda, dans l’est du Congo.

Président du Parti libéral flamand de 1999 à 2004, De Gucht passe pour un homme fidèle à ses convictions et peu enclin à composer. Impression confirmée lors de l’audition du 1er septembre. Ancien ministre des Affaires étrangères, il connaît ses dossiers internationaux sur le bout des doigts et s’est acquis une réputation de travailleur acharné.