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Cet article est issu du dossier «Israël-Afrique Le grand retour»

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Industrie

Israël et l’Afrique: le business avant tout

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Agriculture, industrie, téléphonie, mais aussi sécurité et surveillance, la présence israélienne est en constante progression.

L’Afrique du Sud est le premier partenaire commercial d’Israël sur le continent, avec des échanges en augmentation de plus de 500 % depuis la fin de l’apartheid. Si on retrouve bien évidemment le business des métaux précieux (or, diamant…), on estime à 800 le nombre de sociétés israéliennes présentes en Afrique du Sud (sécurité, énergie, hydraulique…). Mais ces contrats n’obéissent en rien à des choix idéologiques. Depuis l’arrivée au pouvoir de l’ANC, en 1994, les relations entre les deux pays sont au mieux courtoises, sinon distantes. Le dernier incident diplomatique date de septembre 2001, quand Israël a quitté la conférence contre le racisme organisée par les Nations unies à Durban. Plusieurs pays avaient demandé que l’ONU réactive l’ancienne résolution votée en 1975 contre le régime d’apartheid qui condamnait « l’alliance impie entre le racisme sud-africain et le sionisme » et qui qualifiait ce dernier de « raciste ».

Pendant le règne des nationalistes afrikaners, de 1948 à 1994, le gouvernement, d’abord ouvertement antisémite, a fini par considérer que la lutte contre la majorité noire méritait une alliance avec tous les Blancs, quelle que soit leur religion. En retour, Israël a soutenu Pretoria. Et en échange d’un coin de désert pour procéder à des essais nucléaires, l’État hébreu a aidé l’Afrique du Sud à se doter de sa première bombe atomique.

À l’échelle du continent, les échanges sont aussi en forte progression. Ils sont passés de 430 millions de dollars en 1990 à plus de 2 milliards en 2008. Et l’actuelle tournée africaine du chef de la diplomatie israélienne, Avigdor Lieberman, traduit une volonté d’aller plus loin encore puisqu’une vingtaine d’hommes d’affaires font partie de la délégation. Industrie, agriculture, métaux précieux, téléphonie, mais aussi sécurité et surveillance… le dispositif des Israéliens s’appuie sur des secteurs d’activité dans lesquels leur savoir-faire est reconnu.

Dans l’agriculture, les coopérants des années 1960 venus soutenir des pays nouvellement indépendants ont laissé la place à des agronomes ou à des ingénieurs en hydraulique. Au Nigeria, la société Israeli Nigeria Cooperative Company (INCC) a lancé, en avril 2008, un programme d’investissements de 100 millions de dollars. En Côte d’Ivoire, des sociétés israéliennes sont annoncées dans la zone franche de Grand-Bassam, près d’Abidjan. Quant à la visite à Tel-Aviv, en mai dernier, du Premier ministre togolais, Gilbert Houngbo, elle a porté sur la coopération agricole. En première ligne souvent, le Centre de coopération internationale dépendant du ministère israélien des Affaires étrangères, le Mashav.

Les technologies de télécommunication, en plein boom sur le continent, sont également un marché porteur. Au Burkina, la société israélienne Alvarion, leader mondial du Wimax, a été retenue en mars dernier par Ouagadougou pour installer un réseau Internet haut débit. Mais cette haute technologie se déploie aussi dans le monde secret de la surveillance. Experts militaires, spécialistes des écoutes téléphoniques, informaticiens, spécialistes des liaisons satellites…, la présence sur le continent est réelle. Sans doute en RD Congo ; certainement en Côte d’Ivoire, où, en novembre 2005, des conseillers militaires géraient un centre de surveillance électronique et ont piloté les drones partis en reconnaissance avant le bombardement sur la base française de Bouaké ; et vraisemblablement au Congo-Brazzaville, où la société d’électronique de défense Elta Systems étudie des solutions de surveillance radar des eaux territoriales. Autre exemple, début 2008, la compagnie Magal a remporté un marché de 1,25 million de dollars pour l’installation d’un système de télédétection des intrusions « dans un grand port africain », sans plus de précisions.

Autre domaine dans lequel les Israéliens s’illustrent avec succès : le commerce de minerais et de pierres précieuses. En plus de l’Afrique du Sud, le leader mondial du diamant poli, Israel Diamond Institute, est aussi présent en Sierra Leone et au Liberia. En RD Congo, le groupe Dan Gertler Investment (DGI), initialement en partenariat avec la Miba (Société minière de Bakwanga) pour la commercialisation des diamants du Kasaï, s’est diversifié dans le cuivre-cobalt, au Katanga.

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