Cinéma

L’Afrique expliquée aux Chinois

Imaginez Pékin, ses tours ultramodernes, son consumérisme effréné et ses centres commerciaux gigantesques… et imaginez qu’au milieu d’un de ces temples de l’achat compulsif on a fêté l’Afrique ! Du 4 au 13 septembre, à l’occasion de la 2e édition du Festival du tourisme et de la culture TouchAfrica, le public chinois a pu découvrir l’artisanat de nombreux pays du continent (Afrique du Sud, Cameroun, Ghana, Madagascar, Ouganda, Zimbabwe…). Et, aussi, le tourisme en Égypte (de plus en plus prisé par la classe moyenne chinoise, fascinée par l’histoire des pharaons), les diamants sud-africains et la peinture, avec l’exposition de deux artistes seychellois et la présentation de plusieurs étudiants des beaux-arts, mozambicains et nigérians, installés à Pékin.

À l’origine de l’initiative, Cheng Hui, un homme d’affaires chinois qui, après être tombé sous le charme de l’Afrique, a créé l’association TouchAfrica en 2001 et possède une douzaine de magasins d’artisanat africain en Chine. « 98 % de mes compatriotes ont une mauvaise image du continent, regrette-t-il. Je veux changer cela, leur expliquer que l’Afrique est le berceau de l’humanité et que, malgré les problèmes politiques qui rongent certains de ses pays et l’omniprésence de l’influence occidentale, elle se bat pour sauvegarder sa culture. »

Nouveauté de cette édition : le lancement du premier Festival de cinéma africain de Pékin. Luc Bendza, un Gabonais champion de wushu qui vit depuis vingt-huit ans en Chine et joue dans les films de kung-fu nationaux, s’est chargé de la sélection. « Ici, le public aime l’action et l’humour, j’ai donc choisi des films qui correspondent à ses goûts. Les Chinois ont été étonnés par la qualité de la réalisation. » Un ancien ambassadeur, qui a passé quinze ans en Afrique, apprécie la démarche : « Nous sommes de plus en plus nombreux à nous rendre sur le continent, pour y travailler ou pour faire du tourisme, sans rien connaître de la culture africaine. Ce n’est pas bon… »

À la fin du festival, des regrets, tout de même : la faiblesse de la participation des pays d’Afrique francophone et des bénéfices financiers. « Les Chinois s’intéressent à nos objets, regardent, touchent, demandent des informations, mais ils n’achètent pas ! », se plaint un vendeur. Un peintre nuance : « Je n’ai pas vendu de tableaux, mais j’ai rencontré des gens, ça fait marcher le réseau. Les Chinois et les Africains ont beaucoup plus de points communs qu’ils ne le pensent. »

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