Mines

Katanga : les entrepreneurs dans le sillage des compagnies minières

Un atelier de Mining Contracting Services Congo (à Lubumbashi).

Un atelier de Mining Contracting Services Congo (à Lubumbashi). © Baudouin Mouanda/JA

Géologues, ingénieurs, logisticiens, équipementiers, cuisiniers… Les besoins des miniers en personnel et matériel sont nombreux.

Avec la montée en puissance de l’activité minière dans la province, tant dans la ceinture de cuivre que dans de nouvelles zones, la demande en sous-traitance ne cesse d’augmenter. La plupart des miniers concentrant en effet leurs activités sur le traitement et la transformation des minerais de cuivre et de cobalt, ils confient les autres opérations à des sous-traitants, auxquels font appel plus particulièrement les sociétés telles que Tenke Fungurume Mining (TFM), Rio Tinto, Boss Mining ou Mutanda Mining, les compagnies chinoises et indiennes répondant le plus souvent elles-mêmes à leurs besoins.

Très segmenté, le marché de la sous-traitance minière est dominé par des étrangers. La vente d’engins miniers et de matériel de travaux publics est trustée par l’américain Caterpillar (qui représente aussi la marque Bell) et par Congo Equipment (coentreprise entre le français Tractafric et le sud-africain Barloworld). La location de matériel et la mise à disposition de personnel qualifié nécessaire aux opérations d’exploration et d’extraction (conducteurs d’engins, mécaniciens, électriciens…) sont assurées par les congolais Mining Company Katanga (MCK), Gécamines, Rulco et le belge Forrest, les plus importants, ainsi que par le sud-africain Swanepoel, le belge Mining Contracting Services Congo (MCSC) et quelques sociétés chinoises.

JA2729p096 02Éric Monga, un patron représentatif

Économiste de formation, Éric Monga, né à Lubumbashi en 1965, s’est lancé dans les affaires après quatre ans à la Banque centrale du Congo, puis trois comme conseiller d’Augustin Katumba Mwanke (alors gouverneur du Katanga). En 2001, il crée Trade Services, un bureau de conseil fiscal aux entreprises (qu’il assiste aussi dans leurs démarches auprès de l’administration), désormais doté de plusieurs succursales et, en 2008, la Société de surveillance minière (SSM), un laboratoire d’analyses minérales basé à Likasi. Après avoir dirigé le Comité professionnel des miniers du Katanga, Éric Monga a été élu, le 29 mars dernier, à la présidence du bureau provincial de la Fédération des entreprises congolaises (FEC-Katanga). M.D.

Étrangers

Si les compagnies minières ont leurs propres géologues, elles font aussi appel à des sous-traitants, dont le congolais Bascons et le sud-africain SRK Consulting, et recourent à des laboratoires d’analyse minérale et de surveillance environnementale locaux, dont les leaders sont la Société de surveillance minière (SSM) que dirige Éric Monga (lire portrait ci-contre), et le Labo Gac et Stewart.

La construction des usines est largement dominée par les étrangers, dont le sud-africain Group Five, New Baron & Lévêque International Afrique (filiale du groupe Forrest) et Mining Engineering Services Suppliers, filiale du groupe Somika. Ce dernier intervient également dans la fabrication de produits chimiques, notamment des acides, via Mining Chemical Suppliers. Ses concurrents sur ce marché sont Chemaf (filiale de Shalina Resources, basé à Dubaï), Ruashi Mining (filiale de Metorex) ou la Gécamines, qui produit aussi de la chaux, les importations étant quant à elles assurées par les compagnies minières elles-mêmes et par le belge Manuchar. La majorité des 9 000 trucks qui évacuent chaque mois les produits miniers vers les grands ports de la sous-région appartient à des sociétés tanzaniennes, sud-africaines et zambiennes. Limitée à quelque 400 camions, l’offre locale est assurée par les transporteurs Hermis et Hakuna Matata, suivis par Noka et NDB. La fourniture et la distribution de produits pétroliers sont réalisées par diverses compagnies dont Puma Energy, Engen et quelques distributeurs locaux. Les activités de catering sont quant à elles principalement assurées par Number One et Aden Services Congo.

Si l’on se base sur les 400 millions de dollars (plus de 300 millions d’euros) dépensés par une compagnie comme Ruashi Mining pour sa sous-traitance en 2010, tout porte à croire que le chiffre d’affaires de la filière s’élève à plusieurs milliards de dollars. Reste que la part qui revient aux entreprises congolaises est encore très limitée.

JA2729p097Emmanuel Basanga, expert géologue

Diplômé en géologie fondamentale de l’université de Lubumbashi, Emmanuel Basanga a travaillé au Centre de recherches géologiques et minières, au ministère des Mines et des Hydrocarbures, puis chez le canadien SouthernEra Resources. « Conscient des importants besoins de l’industrie minière en personnel spécialisé », le géologue décide, en 2007, de créer, avec des associés, Basanga Consulting (Bascons), dont il est le directeur général. Doté de matériel perfectionné, le bureau emploie des géologues (dont les travaux sont supervisés et certifiés par des sociétés étrangères), des électriciens, des logisticiens, des informaticiens et des infirmiers. Comptant parmi ses clients Tenke Fungurume Mining, Sodexmines, African Metals, Ruashi Mining et la Compagnie minière de Luisha, la société, qui opère dans d’autres provinces du pays (notamment en Province-Orientale), reste le leader congolais sur son marché malgré la concurrence croissante. M.D.

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