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Pole position pour les berlines allemandes

Volkswagen a écoulé 1 200 Passat en 2008 au Maroc, des ventes accrues de 50%

Volkswagen a écoulé 1 200 Passat en 2008 au Maroc, des ventes accrues de 50% © Volkswagen

Volkswagen, Audi et Mercedes dominent le segment haut de gamme des véhicules neufs devant les marques japonaises. Dans le luxe, Porsche et Jaguar trouvent des acquéreurs au Maroc.

Tiré par le succès des petites voitures citadines lié à l’émergence d’une classe moyenne, le dynamisme des marchés automobiles des trois pays maghrébins est également soutenu par le segment des berlines de moyenne et haut de gamme. C’est le cas au Maroc, où « les ventes de cette catégorie ont crû de 22 % en 2008 par rapport à 2007, soit un point de croissance de plus que celui des ­micro-citadines ! », indique Mehdi Tak Tak, directeur général adjoint de la Centrale automobile chérifienne (CAC), importateur et distributeur des marques Volkswagen, Audi, Porsche et Skoda. Sur ce créneau, les constructeurs allemands restent les maîtres incontestés et incontestables. Dans le royaume chérifien, Volkswagen caracole en tête grâce à la croissance des ventes de sa Passat, ­modèle le plus vendu des ­berlines moyennes et des breaks. En 2008, la firme de Wolfsburg en a écoulé ­quelque 1 200 unités, contre 792 en 2007, soit une hausse de 50 % ! « ­Certes, le poids des ber­lines de ­moyenne et haut de gamme ne ­représente que 5 % du marché ­global », nuance Mehdi Tak Tak. Ce créneau étant considéré par Renault comme un marché trop petit, les ventes de la firme au ­losange s’y font discrètes. Tandis que ­Volkswagen joue sur plusieurs tableaux, notamment sur le segment des 4×4 citadins qui rognent de plus en plus de parts de marché aux berlines haut de gamme. Son ­importateur-distributeur a même réalisé un coup de poker magistral pour attirer une plus grande clientèle. Constatant que les ventes du 4×4 Volkswagen Touareg, à un prix d’entrée de 700 000 dirhams (DH, 62 000 euros), ne décollaient pas, la CAC a lancé en 2008 un modèle moins équipé à partir de 400 000 DH (35 000 euros), profitant notamment de la baisse des taxes douanières marocaines pour les constructeurs européens, au détriment et au grand dam des importateurs de véhicules asiatiques. Résultat : 779 modèles du Touareg Baroudeur ont été écoulés en 2008, contre 213 en 2007 ! En revanche, le lifting tenté sur l’Audi A6 n’a pas eu le même succès.

En Tunisie aussi, le marché des ­berlines de moyenne gamme se porte bien. La Passat est là encore la star de la catégorie (648 ventes), suivie par la C5 de Citroën (237 ventes). Dans le haut de gamme, la marque Audi, qui a été dominée au Maroc en 2008 par ­Mercedes (1 088 ­ventes) et BMW (926 ventes), fait mieux que ses concurrentes, sur des volumes néanmoins peu significatifs. 

200 Jaguar vendues au Maroc

Quant à l’Algérie, « le segment de moyenne et haut de gamme ne représente qu’un potentiel de 2 % du marché total », indique Mourad Saadi du ­Mensuel de l’automobile. Les indicateurs ne ­trompent pas : 100 Renault Laguna ont été vendues en 2008 en Algérie, contre 640 au Maroc, et seuls 14 modèles de l’Audi A6 ont trouvé preneurs, contre 126 au Maroc et 52 en Tunisie. Du coup, bien que la Passat ait fait un bon résultat en 2008 (853 ventes) et que Mercedes ait écoulé 597 Classe C depuis le début de l’année, le marché algérien est plus sensible aux berlines de moyenne gamme asiatiques, comme l’inusable Toyota Corolla, vendue à 3 139 exemplaires l’année dernière. Celle-ci résiste bien aux 4×4 citadins, notamment de Nissan, qui a écoulé 684 X-Trail l’an passé.

Dans la catégorie des modèles de luxe, la différence de taille de marché et de culture entre Maroc et Algérie suit celle observée dans le segment inférieur. « S’il était autrefois presque tabou de parler de Bentley, Aston Martin ou Maserati, il est aujourd’hui plus facile d’afficher des signes extérieurs de réussite sociale acceptés par tous », souligne Mehdi Tak Tak à propos du Maroc. La CAC y a vendu 46 modèles Porsche en 2008, pendant que Jaguar réalisait 200 ventes. En revanche, « en Algérie, on n’aime pas trop étaler ses richesses », confie Mourad Saadi. C’est pourquoi les ventes de Hummer, introduits fin 2006 dans le pays, s’effectueraient au compte-gouttes. De très riches acquéreurs maghrébins pourraient, eux, tomber dans le piège de « The Rocket », la voiture de luxe dessinée par le président libyen Kadhafi et commercialisable à… 2 millions de dollars. Une coquille vide en fait, objet d’une nouvelle farce du « Guide ».

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