Médias

Les médias gabonais sous pression

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Albert Yangari, directeur de L’Union, a été interpellé après la publication d’articles sur les événements de Port-Gentil.

Faut-il s’inquiéter du respect de la liberté de la presse au Gabon où on assiste à un durcissement inédit ? L’interpellation d’Albert Yangari, patron de l’unique quotidien du pays, L’Union, n’est qu’un indice parmi d’autres. Yangari, par ailleurs ancien directeur du cabinet privé d’Omar Bongo Ondimba, a été conduit, le 25 septembre, au quartier général des services de renseignements de l’armée et interrogé avant d’être relâché. Il a dû s’expliquer sur une série de reportages, intitulée « Je reviens de Port-Gentil », traitant des troubles post-électoraux qui ont embrasé la capitale économique.

On reproche au plus important journal gabonais, créé par Omar Bongo en 1972 avant d’être privatisé en 1987, d’avoir estimé à une vingtaine le nombre de personnes tuées à Port-Gentil, contrairement au bilan officiel qui fait état de trois décès. Le rédacteur de l’article, Jonas Moulenda, dit avoir reçu des menaces de mort.

Le quotidien L’Union, qui pendant des années a soutenu le père, n’a pas l’air d’avoir pour autant les faveurs du fils.

L’autre signe inquiétant vient du brouillage du signal de TV+, la chaîne appartenant à André Mba Obame, l’ancien candidat à la présidentielle. Des hommes en cagoule avaient « mitraillé » ses émetteurs le 30 août dernier. La télévision a repris ses programmes le 21 septembre. Mais, au bout de quelques heures d’émissions, le signal a de nouveau été coupé. Les responsables du groupe de presse, qui détient aussi une radio, dénoncent une « mort programmée » et un démantèlement de ses moyens de diffusion sur l’ensemble du territoire.

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