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Les 50 personnalités qui font le Maroc

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Politique, économie, société civile, culture… Par leurs compétences et leurs engagements, ils (et elles) incarnent le dynamisme d’un pays en mouvement. Casting subjectif ? Sans doute. Nouveau visage du royaume ? Sûrement.

Dix ans après l’avènement de Mohammed VI, le casting de celles et ceux qui « font » le Maroc ressemble au défilé d’un grand couturier à la fois habile, prudent et discrètement novateur. Côté « pouvoir et politique », la génération des quadras promue dans le sillage du roi – proche aujourd’hui de la cinquantaine – s’est affirmée. Le temps des apprentis et d’un certain amateurisme a laissé la place à un exercice décomplexé et modernisé de l’autorité, sans pour autant rompre avec certaines des recettes les plus éprouvées du Makhzen. La monarchie marocaine n’a que peu à voir avec ses consœurs européennes, et les « M6 Boys », formés pour la plupart sous Hassan II (et Driss Basri), ne l’ignorent pas. Particulièrement sensible au Palais royal et dans tout ce qui procède de lui, ce renouvellement gagne peu à peu l’ensemble du paysage politique, singulièrement les partis, longtemps refuges d’un certain conservatisme patrimonial en voie d’ossification.

C’est côté business que l’on retrouve le plus d’« anciens ». Un paradoxe qui n’en est pas un quand on sait que l’ouverture du Maroc aux grands vents du capitalisme mondialisé a de loin précédé, sous Hassan II, une ouverture démocratique qui demeure largement l’apanage de son fils. Si le royaume n’a rien d’un Jurassic Park économique, c’est à des grands patrons aujourd’hui presque octogénaires qu’il le doit : en grands capitaines, ils ont guidé le Maroc sur l’océan de la modernité, suivis d’une flottille de nouveaux entrepreneurs dynamiques et inventifs. Reste qu’à cet instant du défilé des cinquante Marocains « essentiels » (choix évidemment subjectif dont a été a priori écarté, chacun le comprendra, le plus essentiel de tous : le roi), tout observateur se posera une question de fond : où sont les femmes ?

Malgré toute la volonté du roi en ce domaine, malgré « l’affirmative action », les discours, les orientations et les réformes, il faut reconnaître que les mondes parallèles de la politique et des affaires demeurent encore des bastions machistes. Sur ce terrain trop souvent cimenté par les traditions et la religion, les progrès ne peuvent être qu’imperceptibles, et les révolutions minuscules. C’est donc au sein de la société civile (et urbaine), mille fois moins codifiée et mille fois plus éclatée, que les Marocaines peuvent donner libre cours à leur passion, à leur militantisme et à leur talent créateur.

Dans ce laboratoire du Maroc de demain, leur rôle est désormais irremplaçable.

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