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Un parfum de scandale

Une affaire de détournement de fonds liée au projet de l’autoroute est-ouest éclabousse la hiérarchie de l’administration centrale.

Soupçonnés d’avoir touché des pots-de-vin lors de la passation de certains marchés autour du projet de l’autoroute est-ouest, le secrétaire général et trois hauts fonctionnaires du ministère des Travaux publics ont été déférés devant le parquet et placés sous mandat de dépôt. Après de nombreuses plaintes déposées par le consortium chinois Citic-CRCC, chargé de la réalisation de certains tronçons de l’autoroute, ainsi que par l’ambassade de Chine à Alger, une enquête a été menée par les services économiques du Département renseignement et sécurité (DRS). Les premiers éléments transmis au parquet seraient accablants et les montants évoqués se chiffreraient en dizaines de millions d’euros. De nombreux chefs d’inculpation pèsent sur les prévenus : trafic d’influence, extorsion de fonds, blanchiment d’argent…

Le très populaire Amar Ghoul, ministre des Travaux publics, sera-t-il éclaboussé par ce scandale ? La presse privée, qui a ébruité l’affaire, est la première à le défendre. Doutant de la probité de son secrétaire général, Amar Ghoul l’avait écarté des dossiers les plus sensibles. Le Mouvement de la société pour la paix (MSP, ex-Hamas), dont Ghoul est issu, est également venu à sa rescousse : « Les membres du gouvernement issus de nos rangs ne sont et ne seront jamais impliqués dans des affaires de corruption », annonce le président du parti, Bouguerra Soltani, dans un communiqué diffusé le 12 octobre. Démarche inutile, puisque l’affaire ne semble pas émouvoir la classe politique, et aucun parti n’a tenté de saisir l’occasion d’accabler le MSP.

De nombreuses affaires de corruption impliquant de hauts fonctionnaires encombrent les bureaux des procureurs. Les quartiers VIP de la cinquantaine de maisons d’arrêt que compte le pays affichent complet. Des walis (préfet) dans le box des accusés ? Des ministres cités en témoin (à commencer par ledit Bouguerra Soltani lors du procès Khalifa) ? Des conseillers à la présidence arrêtés et condamnés pour corruption ? Cela est déjà arrivé en Algérie. En revanche, c’est la première fois que l’administration centrale est touchée à un niveau aussi élevé.

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