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Cet article est issu du dossier «RD Congo: Désirs d'avenir»

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Bâtiment : à qui profite le boom ?

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Panos-REA

© Panos-REA

Avec les chantiers en cours, les contrats ne manquent pas dans le secteur du BTP, et de nouveaux acteurs prennent pied dans l’immobilier.

Quand le bâtiment va, tout va, dit l’adage. Or, à en croire des opérateurs congolais, tout n’irait pas pour le mieux dans le BTP, notamment à Kin­shasa. Certes, en quelques mois, la capitale de la RD Congo a vu s’ériger hôtels, immeubles d’habitation et de bureaux, villas et centres commerciaux. À ces derniers s’ajoute, parmi les projets à venir, la construction de vastes complexes immobiliers, incluant logements, bureaux, hôtels, commerces et équipements divers, l’un en centre-ville sous la houlette de Rakeen, et l’autre, de 400 hectares, dénommé Cité du fleuve, situé sur deux îles du pool Malebo, à hauteur du quartier Kingabwa, mené par Hawkwood. Sans compter d’autres chantiers plus petits.

La plupart des projets portent sur des réalisations de grand standing et ne sont pas accessibles aux personnes à revenus moyens. En effet, « qui peut payer un loyer mensuel de 3 500 dollars, voire plus, ou acheter un appartement de 400 000 dollars ? » s’interroge un chef d’entreprise. Du coup, en dehors de quelques îlots privilégiés, le reste de la ville ne connaît guère de changement en matière d’habitat. « Veut-on faire de Kinshasa une ville latino-américaine, avec d’un côté des ensembles luxueux, gardés par des vigiles, et, de l’autre, des quartiers pauvres ? » déclare Pierre, un Kinois.

La concurrence est rude

Le type de projets immobiliers en cours ne profite presque pas aux constructeurs locaux. Qu’ils soient simples promoteurs ou à la fois promoteurs et constructeurs, les opérateurs qui prospèrent avec la demande de luxe sont en majorité des étrangers. Parmi eux figurent les groupes libanais Achour et Congo Futur, l’émirati Rakeen, de l’émirat Ras al-Khaimah, dont les deux projets, l’un à la gare centrale et l’autre en face du palais de justice, sont réalisés par la société Rakeen Congo Construction Compagnie (Rak CCC). Ou encore le promoteur de la Cité du fleuve, Hawkwood Properties, filiale du britannique Hawkwood Fund Management Ltd., qui dirige le fonds d’investissement international de Mukwa, basé à Lusaka (Zambie). Les Chinois prennent également pied dans la construction d’immeubles et de villas, mais aussi dans la réalisation d’études techniques et architecturales ou la fourniture de main-d’œuvre.

Pour les opérateurs congolais, la concurrence est rude. « La plupart de ces investisseurs bénéficient d’exonérations douanières, parfois de terrains gratuits, importent une grande part des matériaux et disposent de capitaux venus de l’étranger ou tirés des opérations immobilières réalisées sur place. En trois ou quatre ans, ils ont amorti leurs investissements. Les petits constructeurs, eux, doivent investir avec leurs fonds propres, car les prêts bancaires sont rares et chers. Quant aux Chinois, ils disposent d’engins neufs et de facilités. Comment peut-on être compétitif face à eux ? » s’inquiète un chef d’entreprise. Du coup, certaines sociétés déclarent forfait. « J’ai stoppé mes projets, pour ne pas avoir à déposer le bilan », explique un petit promoteur. D’autres en appellent à une véritable politique en faveur des PME-PMI et à une plus grande mobilisation des financements extérieurs, pour favoriser la construction d’équipements, de bureaux et de logements accessibles au plus grand nombre. Seul moyen de relancer durablement l’économie.

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