Politique

Règlement de comptes à Niamey

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Mis à jour le 2 novembre 2009 à 16:02

Le Niger est au ban des nations africaines. Même si la crise est moins sérieuse que celles qui sévissent en Guinée, au Darfour ou en Somalie, elle est prise au sérieux par les pays voisins et l’Union africaine (UA). L’élection, le 20 octobre, d’un Parlement monocolore dominé par le parti du président Tandja, en l’absence de l’opposition, qui a boycotté le scrutin, n’a rien arrangé. Réunis le 28 octobre à Abuja, les présidents des pays membres du Comité paix et sécurité de la Cedeao (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) ont décidé de tenter une nouvelle médiation entre Tandja et son opposition. Le Niger est exclu des instances de l’organisation et les nouveaux députés nigériens n’ont pas été invités à la session du Parlement panafricain qui s’est ouverte le 26 octobre à Johannesburg.

Alors que la communauté internationale essaie tant bien que mal de rétablir le dialogue entre le président et son opposition, l’ambiance à Niamey est à la vendetta. Les leaders politiques qui ont refusé de participer aux législatives en arguant que tout ce processus n’avait qu’un but, permettre à Tandja de prolonger son mandat ad vitam aeternam, sont dans le collimateur. Après Hama Amadou, l’ex-Premier ministre, c’est au tour de Mahamadou Issoufou, grande figure de l’opposition, d’être l’objet d’un mandat d’arrêt international. Les deux hommes sont soupçonnés de blanchiment d’argent. Amadou n’est pas rentré au Niger depuis des mois et Issoufou est à l’étranger dans le cadre d’une « visite privée », dans un pays dont le nom n’a pas été révélé.

Le chef de l’État détient une arme dont il n’hésite pas à se servir : une enquête de gendarmerie sur des détournements et malversations pendant la précédente législature. Des affaires dans lesquelles membres de l’opposition comme du parti au pouvoir sont cités. Prochaine cible de cette opération « mains propres » qui sent le règlement de comptes : l’ex-président de la République et président du Parlement avant sa dissolution, Mahame Ousmane.