Économie

Côte d’Ivoire : certains opérateurs mobiles pourraient perdre leur licence

Le gouvernement veut passer en revue les contrats des opérateurs mobiles dans les six mois. Sont menacés les opérateurs dont la couverture est insuffisante et ceux qui n’auraient pas honoré leurs engagements financiers.

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Mis à jour le 7 mai 2013 à 15:03

Selon Bruno Koné, le chef de l’État encourage ses ministres à suspendre les opérateurs qui ne sont pas en règle. © Vincent Fournier/JA

« Certaines entreprises de télécommunications mobiles ivoiriennes risquent de perdre leurs licences si elles n’améliorent pas leur faible niveau de service », a menacé Bruno Koné, ministre des Technologies de l’information et de la Communication, lors d’une visite à l’opérateur sud-africain MTN, à Abidjan. « Dans six mois, nous ferons le bilan de nos conventions, de nos accords commerciaux, des accords techniques et des accords financiers de tous les opérateurs avec le régulateur ivoirien », a-t-il ajouté selon Reuters. « Je peux déjà vous dire que le chef de l’État nous encourage, nous enseigne même, à arrêter tous les opérateurs qui ne sont pas en règle », a-t-il ajouté.

Du fait de la crise politique, la Côte d’Ivoire n’a commencé à distribuer des licences mobiles de troisième génération qu’à la fin 2011. Bruno Koné a déclaré que le gouvernement était déçu par la qualité du service dans le secteur : « Pas un jour ne passe sans qu’il y ait des plaintes au sujet du service… Nous pensons que la population a partout le droit au meilleur service ». Un fonctionnaire du ministère joint au téléphone a précisé que les opérateurs avaient tous un cahier des charges à respecter : « On exige simplement qu’ils atteignent un certain seuil de qualité ». Avant de mentionner que certains d’entre eux ont « des engagements de compensation financière qu’ils n’ont pas payé ».

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Actionnariat local

Interrogé à propos d’une rumeur qui voudrait que le gouvernement cherche à faire en sorte que les opérateurs présents dans le pays soient détenus à au moins 15% par des locaux, la même source indique « qu’il n’existe pas de loi en Côte d’Ivoire qui impose que des nationaux possèdent 15% des entreprises ». « Cela reste au stade de souhait », a-t-il insisté, soulignant que, par exemple, Orange compte déjà des partenaires locaux parmi ses actionnaires.

La Côte d’Ivoire compte environ 18 millions d’abonnés au téléphone mobile, sur une population totale estimée à 24 millions. Les cinq opérateurs existants sont le français Orange, le sud-africain MTN, le libyen Green, l’émirati Moov (Etisalat) et le libanais Comium. Café mobile, un opérateur lancé par des locaux, a obtenu une licence l’an dernier tandis que Warid Telecom, basé à Abu Dhabi, détient un permis d’exploitation inutilisé.