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Cet article est issu du dossier «Le Maroc à la conquête de l'Afrique»

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Industrie : une expansion multisectorielle

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Le leader national de la construction métallique réalise tout son chiffre d’affaire en Afrique

Le leader national de la construction métallique réalise tout son chiffre d'affaire en Afrique © ALEXANDRE DUPEYRON

En 2008, Delattre Levivier Maroc (DLM), leader national dans le domaine de la construction métallique et de la chaudronnerie, a enregistré un chiffre d’affaires de 562 millions de DH (près de 51 millions d’euros), dont 40 %, soit la totalité de la part export réalisée en Afrique – notamment au Congo-Brazzaville, pour la livraison d’une plate-forme pétrolière. « Notre développement à l’export, décidé en 2007, a pour objectif d’équilibrer les différents types de marchés, et notre activité en Afrique est très dynamique », explique Éric Cecconello, administrateur-directeur général de DLM. En 2009, l’activité devrait croître de 20 %, dont 24 % réalisés à l’international. En cours : la construction d’une cimenterie au Sénégal pour Ciments du Sahel, un contrat de 140 millions de DH (12,7 millions d’euros) pour lequel DLM a ouvert une succursale à Dakar début 2009, qui compte 140 personnes dont une quinzaine d’expatriés marocains. « Nous souhaitons nous y développer de façon pérenne, précise Éric Cecconello. Et, si nous sommes aujourd’hui très occupés par le contrat avec les Ciments du Sahel, l’objectif est de rester et de travailler pour le marché sénégalais. » Non loin de là, le Niger est aussi l’objet de toutes les attentions du groupe. DLM est en pleines négociations commerciales pour participer au développement des infrastructures de la mine d’uranium d’Imouraren, dans le nord du pays, pour le groupe Areva. « Tout est à faire, des logements des ouvriers à la centrale électrique. Si les négociations aboutissent, cela représentera plusieurs années de travail », souligne Cecconello. Le groupe compte également investir dans le secteur du raffinage au Cameroun et s’intéresse à l’Éthiopie dans le domaine de l’éolien, pour lequel, porté par l’essor du marché marocain, DLM a développé une expertise dans la construction de mâts.

Des matériaux de construction au tourisme

L’Afrique, Ynna Holding la connaît bien également. Elle fut, lors de son exil du Maroc dans les années 1960, un refuge et une terre d’opportunités (notamment dans l’immobilier et le BTP) pour l’empire industriel créé par Miloud Chaâbi. Avec un chiffre d’affaires de près de 10 milliards de DH (906 millions d’euros) en 2008, Ynna Holding est désormais présent en Guinée équatoriale (projets immobiliers), mais aussi en Tunisie (fabrication de canalisations et de pièces en caoutchouc), en Égypte (projets immobiliers et fabrication de batteries), en Jordanie (cimenteries) et aux Émirats arabes unis (projets immobiliers et touristiques).

Autre secteur stratégique dans lequel les ambitions à l’export des privés marocains se concrétisent : l’industrie pharmaceutique. Il en est ainsi du laboratoire Sothema, un groupe familial de 600 personnes qui a enregistré un chiffre d’affaires de 680 millions de DH (60 millions d’euros) en 2008, dont plus de 27 millions (2,4 millions) en Afrique (4 %). Le laboratoire, qui travaille sous licence en partenariat avec de grands laboratoires européens et américains, dispose de cinq unités industrielles au Maroc. Son objectif est de développer la part du chiffre d’affaires à l’export vers l’Afrique et le Moyen-Orient pour la porter de 10 % actuellement à 25 %. Commercialement présent au Sénégal depuis trois ans via sa filiale West Afric Pharma, dont l’usine à Dakar devrait entrer en service dans les prochains mois, le laboratoire compte approvisionner en médicaments les pays d’Afrique de l’Ouest et lorgne également du côté de l’Algérie et de la Libye. Face à la pandémie de grippe A, Sothema pourrait avoir une carte à jouer. Il est parmi les rares laboratoires du continent à disposer d’une unité industrielle de 11 000 m2 spécialisée dans la fabrication de médicaments injectables et se dit prêt à assurer la répartition des doses demandées pour le Maroc, si nécessaire, mais aussi pour les autres pays du Maghreb et l’Afrique de l’Ouest. 

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