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Cet article est issu du dossier «Telecoms : agitation sur toutes les lignes»

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Offensive indienne sur le continent

| Par Jeune Afrique
Bharti Airtel a échoué dans sa tentattive de rapprochement avec MTN

Bharti Airtel a échoué dans sa tentattive de rapprochement avec MTN © Manan Vatsyayana/AFP

Projets de fusion, prises de participation… Les acteurs du sous-continent tentent de racheter leurs homologues africains, avec des fortunes diverses.

Le bal des courtisans indiens sensibles aux atouts des opérateurs en Afrique s’est fait intense ces derniers temps. Le koweïtien Zain est sans doute celui qui a le plus batifolé avec ses prétendants, de Reliance à Bharti Airtel en passant par Essar, leur faisant miroiter ses actifs africains. En septembre 2009, il a finalement cédé aux avances d’un consortium indo-malaisien, mené par le groupe Vavasi. Pour 14 milliards de dollars, Zain est prêt à leur concéder 46 % de son capital.

Tous ces prédateurs du sous-continent n’ont cependant pas eu le même succès. Dernier marri en date, Bharti a dû renoncer, le 30 septembre, à sa fusion avec le sud-africain MTN. Leur mariage aurait donné le troisième opérateur mobile au monde – le premier en Afrique – avec 200 millions d’abonnés et 20 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Cet échec est dû à des raisons politiques côté sud-africain et réglementaires côté indien.

Ces grandes manœuvres indiennes dans les télécoms africaines ne sont en fait que la poursuite d’un mouvement général qui a démarré en 2006. Les cinq grands acteurs du secteur, Reliance, Essar, Bharti, MTNL et Vavasi, avaient déjà tenté des rapprochements avec des opérateurs du continent. Essar (75 millions d’abonnés en Inde) a été le plus offensif malgré des échecs répétés notamment dans les privatisations de Camtel, l’opérateur camerounais (convoité aussi par Reliance), et de son homologue burkinabè, Onatel, ainsi que dans les actifs africains de Zain. L’opérateur indien s’est néanmoins emparé de 49 % du capital du groupe Econet Wireless au Kenya, où il est présent dans le pays sous la marque de téléphonie mobile Yu. Lancé depuis un peu plus d’un an à Nairobi et à Mombasa, Yu ne détient pas plus de 2 % de parts de marché (600 000 abonnés), mais entend quadrupler le nombre de ses abonnés d’ici à… mars 2010. Au total, « Essar a investi 230 millions de dollars en Afrique », estime Binta Drave, analyste de la banque d’affaires Exotix. 

Tarifs les plus faibles au monde

À ce jour, peu d’acteurs indiens ont cependant réussi à se faire une place. Pourtant, issus d’un pays émergent, ils ont de sacrés atouts à faire valoir, surtout dans la gestion d’une clientèle à faible revenu moyen par abonné (Arpu). Leur expertise est d’autant plus précieuse que cette catégorie de clients est amenée à croître sur le continent. Selon une étude du cabinet conseil Balancing Act de septembre 2009, l’Arpu devrait décliner d’ici à 2013 en Afrique. Pour l’heure, il est encore supérieur à son homologue indien, oscillant entre 5 et 8 dollars contre environ 6,50 dollars sur le sous-continent. Les indiens ont aussi l’avantage d’offrir le tarif à la minute le plus faible au monde. Leur modèle, fondé sur des économies d’échelle et des coûts réduits, leur permet également d’afficher une marge d’exploitation record de près de 40 %. En Afrique, ils pourraient ainsi renforcer leur modèle basé sur la mutualisation des infrastructures, qui limite les charges d’exploitation. Enfin, ils sont bien rodés et innovants en matière de marketing.

En attendant, leur stratégie n’est pas d’acheter pour mieux revendre. « Ce sont plus des transactions industrielles que financières, juge Albert Fondop-Fonkam, patron de la banque d’affaires Fonsali & Cie. L’Afrique pourrait aussi attirer des équipementiers indiens, ou des éditeurs de logiciels. »

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