Économie

Le Brésilien Roberto Azevêdo nommé à la tête de l’OMC

Le Brésilien Roberto Azevêdo a été choisi pour succéder à Pascal Lamy à la tête de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à compter du 1er septembre prochain.

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Mis à jour le 8 mai 2013 à 15:00

Roberto Azevêdo était depuis 2008 le représentant permanent du Brésil auprès de l’OMC. © Fabrice Coffrini/AFP

À 55 ans, Roberto Azevêdo va devenir le nouveau patron de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Fort d’une longue expérience et d’une solide ambition, il a été choisi par les pays membres de l’organisation mardi 7 mai. Il était depuis 2008 le représentant permanent du Brésil auprès de l’OMC. Le Brésilien était en compétition avec le Mexicain Herminio Blanco pour succéder au Français Pascal Lamy à la tête de l’organisation internationale. 

Un parcours de qualité

Entré dans le service diplomatique brésilien en 1984, Roberto Avezêdo a participé en 2001 à la création de la coordination générale des litiges du ministère brésilien des Affaires étrangères. Un service qu’il a dirigé pendant quatre ans. En 2005, il est devenu le chef du département économique du ministère et de 2006 à 2008, sous-secrétaire général des affaires économiques.

Le processus de sélection du nouveau directeur général a duré plus de quatre mois. La sélection entre les neuf candidats déclarés s’est opérée en trois étapes par éliminations successives. Roberto Azevêdo et le Mexicain Herminio Blanco étaient les deux candidats retenus « en finale ». Le vainqueur semble avoir convaincu de sa capacité à apporter un nouveau souffle à l’organisation.

De nombreux combats

À la tête de la délégation brésilienne il a combattu avec succès les subventions des États-Unis (privilégiant leur coton) et contre celles de l’Union européenne (en faveur de son sucre). La candidature de Roberto Azevêdo a été solidement soutenue par les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) et s’inscrit dans la continuité de la politique brésilienne attentive à l’obtention d’une plus grande représentativité sur la scène internationale. D’après plusieurs sources, sa candidature a également obtenu l’appui de presque tous les pays africains.

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Les bonnes relations du Brésil avec les pays émergents ont donc sans aucun doute été prises en compte. A contrario, le candidat mexicain, soutenu par Washington, Tokyo et Londres, était davantage perçu comme un défenseur du libéralisme. L’objectif final de Roberto Azevêdo est de faire du Brésil un membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies.

Un de ses grands défis en tant que nouveau chef de l’OMC sera de relancer les négociations de Doha (qui avaient débuté en 2001) sur la libéralisation du commerce mondial, paralysées depuis des années en raisons de profondes divisions entre les pays de Nord et du Sud.. « Le système commercial multilatéral est affaibli par une complète paralysie des négociations », a ainsi déclaré Roberto Azevêdo à l’AFP. Pour Nicole Bricq, ministre française du Commerce Extérieur, « Mr Azevêdo va devoir s’atteler à une tâche difficile et immédiate : assurer la réussite de la 9ème conférence ministérielle de l’OMC qui se tiendra en décembre à Bali, et permettre la reprise des négociations du cycle du développement de Doha ».

Aide aux pays en développement

Roberto Azevêdo estime qu’il faut « un nouveau souffle vital pour débloquer le système de commerce multilatéral ». Il souhaite replacer l’OMC au cœur des discussions qui devraient porter sur la régulation des quotas d’importation ainsi que sur l’aide aux pays les plus démunis. Son but ultime pour ces pays : développer leurs exportations et réduire la pauvreté de leur population. Un objectif qui concerne directement l’Afrique où 400 millions d’habitants vivent avec moins de 1 euro jour.