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La deuxième mort de Kolélas

Mis à jour le 16 novembre 2009 à 16:02

C’est à Paris, où il suivait un traitement médical depuis quelques mois, que Bernard Kolélas Bakana, 76 ans, s’est éteint dans la nuit du 12 au 13 novembre.

Cet homme, qui passait pour un radical, aura marqué la vie politique de son pays au cours des quarante dernières années. À force d’avoir été embastillé par les différents régimes qui se sont succédé à Brazzaville, pour des complots réels ou supposés, il avait fini par acquérir, aux yeux de ses partisans, une dimension quasi messianique. Il était aussi considéré comme le héraut d’un nationalisme ethnique, celui du peuple kongo.

Dès 1949, Kolélas rejoint l’Union démocratique pour la défense des intérêts africains (UDDIA), le parti de Fulbert Youlou. En 1960, ce dernier devient président de la République. Kolélas suit une formation de diplomate en France puis en Allemagne, avant d’être nommé secrétaire général au ministère des Affaires étrangères. En 1963, Youlou est remplacé par Alphonse Massamba-Débat. Allergique aux discours socialistes, Kolélas s’exile à Léopoldville un an plus tard. Rentré à Brazzaville en 1968, il passe le plus clair de son temps en prison.

En 1991, à la tête du Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (MCDDI), il s’illustre lors de la Conférence nationale. Arrivé en deuxième position à la présidentielle de 1992, il obtient 38 % au second tour. Et, lot de consolation, conquiert la mairie de Brazzaville.

En 1997, le président Pascal Lissouba et Denis Sassou Nguesso s’affrontent militairement. Neutre au début, Kolélas accepte de devenir le Premier ministre de Lissouba. Vaincu, celui-ci l’entraîne dans sa chute. C’est l’exil. Fin 2005, gracié, le leader du MCDDI rentre à Brazza et noue une alliance avec Sassou Nguesso. Depuis, il s’était réfugié dans le silence.