Politique

Forum Medays : quand Tzipi vient à Tanger

L'ancienne ministre israélienne des affaires étrangères était invitée au deuxième forum euro-méditerranéen Medays, à Tanger le week-end dernier. Elle y a reçu un accueil mouvementé.

« Tzipi Livni est une terroriste », « Tzipi Livni est une criminelle de guerre », « Tzipi Livni est indésirable au Maroc »… Le 19 novembre, au pied de l’hôtel Movenpick de Tanger, une centaine de manifestants, militants du Parti de la justice et du développement (PJD) et d’associations de la société civile, se sont rassemblés pour exprimer leur hostilité à l’égard de l’ancienne ministre israélienne des Affaires étrangères, invitée au deuxième forum euro-méditerranéen Medays (19-21 novembre).

« Nous condamnons fermement la présence de cette ministre sioniste, qui avait adopté des positions très belliqueuses lors de l’opération “Plomb Durci”. Nous n’avons rien contre les Israéliens qui font avancer le processus de paix, mais cette personne n’est pas la bienvenue », confie le Dr Mohamed Najib Boulif, député de Tanger.

Au Maroc comme dans les autres pays arabes, les plaies de la guerre de Gaza de décembre 2008 sont encore vives. L’intransigeance de Benyamin Netanyahou à propos de la poursuite de la colonisation n’a fait qu’exacerber les tensions. Ce n’est pas tant la présence de Shlomo Ben Ami, l’ancien chef de la diplomatie israélienne, originaire du Maroc, qui pose problème, mais le fait que le royaume offre une tribune à des dirigeants qui ont mené la guerre à Gaza. Pour faire face à toute menace, les services de sécurité redoublent de vigilance. Le dispositif a été renforcé : barrages, portiques de sécurité, fouilles minutieuses.

« Aujourd’hui, il y a une vraie attente pour que le Maroc rejoue son rôle de point de rencontre entre Israéliens et Palestiniens », explique un haut responsable marocain. Les organisateurs des Medays ont bien évidemment invité des responsables palestiniens, emmenés par Rafic Husseini, le directeur de cabinet de Mahmoud Abbas.

À la tribune, Tzipi Livni s’est dite à la fois « réaliste et optimiste ». « Il faut mettre tous les dossiers sensibles sur la table. Le temps joue contre ceux qui, comme moi, soutiennent le principe de deux États pour deux peuples », a-t-elle répété, ajoutant qu’il faut « cesser de se demander qui a un droit moral sur cette terre et qui a le plus souffert ». « Ces questions ne nous mèneront nulle part », a-t-elle conclu, en appelant l’ensemble du monde arabe à jouer pleinement son rôle dans la résolution de ce conflit. 

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