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Cet article est issu du dossier «Maroc : les nouveaux berbères»

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Société

3 questions à… Ahmed Boukous

| Par Jeune Afrique
Ahmed Boukous, recteur de l'Institut royal de la culture amazighe

Ahmed Boukous, recteur de l'Institut royal de la culture amazighe © Cécile Tréal/Marocimages

Recteur de l’Institut royal de la culture amazighe (Ircam)

Jeune Afrique : L’Ircam a été créé en 2001 pour promouvoir la culture amazighe. Quels sont vos champs d’action ?

Ahmed Boukous : Afin de répondre aux attentes sociales et aux revendications en matière de droits linguistiques et culturels, l’Ircam a pour principale tâche l’aménagement du corpus de la langue pour en faire un idiome commun, une langue enseignée avec des normes de prononciation, de conjugaison, de morphologie verbale et nominale, de lexique, de syntaxe. Le Maroc a opté pour le tifinagh, alphabet amazigh millénaire. L’Ircam a codifié cet alphabet, et le tifinagh standard a été homologué. Il sert aujourd’hui d’écriture de l’amazigh à l’échelle internationale. Pour faciliter son usage et sa diffusion, l’Ircam a mis au point un clavier, une cinquantaine de polices de caractères, et a publié près de deux cents ouvrages.

Où en est l’enseignement de l’amazigh au Maroc ?

La décision d’intégrer l’amazigh dans le système éducatif et dans les médias publics est le résultat de la volonté politique de l’État annoncée dans le discours royal d’Ajdir en 2001. L’amazigh commun sera progressivement enseigné en tant que langue à tous les élèves et à tous les niveaux. L’Ircam travaille en étroite collaboration avec le ministère de tutelle pour élaborer les programmes, les outils pédagogiques, et pour former les enseignants. L’opération a débuté en 2003. Malgré l’insuffisance des ressources pédagogiques, 500 000 élèves suivent des cours de langue amazighe, contre 2 500 en 2003. Dans le domaine des médias, depuis 2004 des programmes en amazigh sont diffusés à la télévision. Et le lancement d’une chaîne d’expression amazighe est annoncé pour fin 2009.

L’Ircam peut-il jouer un rôle de médiateur entre les citoyens et l’admi­nistration ?

Oui. Il a ainsi pu contribuer à régler le problème concernant les prénoms amazighs [longtemps interdits suite à une liste établie par l’ancien ministre de l’Intérieur Driss Basri, NDLR], l’octroi de la carte professionnelle aux artistes, aux créateurs et aux journalistes d’expression amazighe, ou à favoriser la constitution de certaines associations et faire lever l’interdiction de leurs activités. En définitive, l’Ircam essaie d’être une institution citoyenne, légitime et crédible dans un pays en transition. 

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