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Quand l’Afrique réinvente ses villes

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Insalubrité ou comment s’en débarrasser

Mis à jour le 30 novembre 2009 à 16:59

Il y a de saines compétitions. Dans la course à l’éradication de l’habitat insalubre, c’est la Tunisie qui arrive en tête. Grâce au Fonds de solidarité nationale (FSN), créé en 1993, plus de 450 millions d’euros ont été injectés pour réduire les quelque 1 850 poches de pauvreté identifiées à travers le pays. Résultat, la totalité des logements rudimentaires recensés en 2000 dans le pays ont été remplacés et, désormais, le Fonds s’attache à améliorer la qualité de l’habitat et la vie dans les quartiers populaires des grandes villes. Au-delà de l’habitat, il intervient dans la construction de routes, l’électrification, l’adduction d’eau potable, la construction ­d’écoles et la création de sources de revenus, dont ont déjà bénéficié près de 1,3 million de Tunisiens, soit 12,5 % de la population.

« Villes sans bidonvilles »

Au Maroc, dans le cadre de son Initiative nationale pour le développement humain (INDH) lancée en 2000, Mohammed VI a engagé un ­programme de 2 milliards d’euros, « Villes sans bidonvilles », dont l’objectif est d’éliminer, d’ici à 2010, le millier de logements précaires essentiellement disséminés entre Casa­blanca, Rabat et Kenitra, où vivent environ 1,4 million de Marocains. Là aussi, les progrès sont réels, même s’ils sont moins rapides que prévu et que les banques rechignent souvent à accorder aux habitants des bidonvilles les prêts subventionnés pour l’accession à la propriété, lesquels profitent, le cas échéant, à des populations moins modestes. Environ 500 000 logements ont été construits et les villes nou­velles se multiplient.