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Quand l’Afrique réinvente ses villes

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Le casse-tête de la mobilité

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Mis à jour le 30 novembre 2009 à 17:15

C’est l’un des plus gros besoins de la population : pouvoir aller d’un quartier à l’autre sans y passer des heures. Un véritable défi pour les pouvoirs publics locaux.

Des « cars rapides » bondés de Dakar aux taxis collectifs surchargés de Yaoundé ou de Ouaga, en passant par les foula-foula de Kin ou les taxis-motos de Cotonou et de Lomé, le transport artisanal dit « informel » a envahi les métropoles d’Afrique subsaharienne. Entraînant une circulation anarchique, polluante et dangereuse, ces modes de déplacement de la débrouille tentent de combler le manque flagrant d’une offre structurée de transports publics… qui contraignent aussi de nombreux habitants, surtout ceux des quartiers en expansion, excentrés, à effectuer quotidiennement de longs trajets à pied, en particulier en Afrique subsaharienne.

Les municipalités n’ont manifestement pas su répondre à l’explosion démographique et urbaine, faute d’avoir soutenu les anciennes entreprises publiques de transport en commun, qui se sont délitées par manque de rentabilité.

Pourtant, un élan de modernisation et de rationalisation de l’exploitation des transports collectifs se fait jour.

C’est le cas à Dakar. Sous l’impulsion de l’État et de la Banque mondiale, le grand programme de renouvellement du parc de véhicules urbains, portant sur 10 000 taxis et 2 000 minibus, avance cahin-caha. Si la modernisation de la flotte des taxis dakarois est encore loin d’atteindre son objectif, le renouvellement des transports en commun progresse plus rapidement : 505 minibus flambant neufs de l’indien Tata Motors, fournis par le partenaire sénégalais Senbus Industries, sont déjà en service. La deuxième phase du programme, fruit d’un partenariat entre Senbus et le chinois King Long, livrera à terme 1 000 véhicules du même genre.

Au Gabon, la société publique des transports (Sogatra), vient à son tour de recevoir 10 nouveaux bus de la société des transports abidjanais (Sotra Industries), filiale du français Renault, afin de répondre à l’expansion de Libreville. Cette initiative a d’ailleurs engendré de nouvelles perspectives d’accord avec le Nigeria, le Congo et l’Angola pour l’acquisition d’autobus ivoiriens.

Au Maghreb, les nouveaux et futurs métros et tramways – notamment d’Alger, de Tunis, de Casablanca et de Rabat – devraient permettre de désengorger les métropoles de leurs embouteillages récurrents.