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Cet article est issu du dossier «Quand l'Afrique réinvente ses villes»

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Sécurité

Quand la ville tremble

| Par Jeune Afrique

La prégnance de la criminalité est liée à l’expansion urbaine et aux inégalités. Sans doute. Mais, d’une métropole à l’autre, les réalités et les défis sont radicalement différents.

À Johannesburg, on recense environ cinquante meurtres quotidiens. Quant à la capitale kényane, on la ­surnomme désormais « Nairobbery », à cause des nombreux vols, extorsions et – tendance nouvelle – enlèvements.

Dans ces deux villes, les autorités développent des stratégies anticrime plus ou moins efficaces. En Afrique du Sud, où Jacob Zuma a promis de faire baisser l’insécurité de 7 % à 10 % ­chaque année, un projet de loi autorisant les policiers à faire usage de leur arme « pour tuer » dans le cadre de confrontations avec des criminels dangereux a été rédigé. À Nairobi, des brigades mobiles sont mises en place, mais leur efficacité n’est réelle qu’autour des différents commissariats.

Les populations les plus aisées s’organisent elles-mêmes. « Je vis dans un complexe fermé gardé, où toute visite est enregistrée par une société de sécurité privée. De nombreux quartiers ont d’ailleurs contracté avec des compagnies privées qui patrouillent vingt-quatre heures sur vingt-quatre », témoigne Léopold, qui vit à Johannesburg. Julius, qui travaille dans le secteur de la communication à Nairobi, évoque lui aussi des barrières et des espaces de vie fermés. « Les expatriés en général ont tendance à fréquenter des quartiers considérés comme calmes par les Nations unies et les compagnies internationales », explique-t-il.

L’insécurité dans les métropoles d’Afrique subsaharienne est-elle une fatalité ? Élu en 2007 gouverneur de l’État de Lagos, au Nigeria, Babatunde Fashola pense le contraire. Il a engagé de grands chantiers pour lutter à la fois contre l’insalubrité et l’insécurité, qui ternissent la réputation de sa ville : éclairage urbain, caméras de ­surveillance, bétonnage du front de mer (qui était squatté par les dealers), achat d’une centaine de camions et d’une dizaine de véhicules blindés, déploiement de 80 policiers d’élite dans le quartier Marina, où se trouvent les sièges des banques et des grandes sociétés, etc.

Pas de fatalité

Villes plus petites, où la paupérisation est moindre et l’État fort, Tunis (moins de 800 000 habitants) et ­Malabo (100 000 habitants) connaissent un niveau de sécurité élevé. À Malabo, la tranquillité a un prix : de nombreux barrages routiers et des contrôles militaires et policiers. Dans la capitale tunisienne également, la présence policière est dissuasive, surtout dans le centre-ville et les quartiers aisés. On peut s’y promener sans crainte à toute heure du jour et de la nuit. « Notre institution ne prend pas de mesures de sécurité spécifiques. Elle ne nous propose pas de gardien, chacun fait comme il veut. Il n’y a pas non plus d’espaces de vie fermés », témoigne un cadre de la Banque africaine de développement à Tunis. 

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