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Climat : à la recherche du temps perdu

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Industries propres et fonds carbone

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Mis à jour le 14 décembre 2009 à 17:10

Un parc éolien à Tétouan, une usine de traitement des déchets à Abidjan, un système de récupération du gaz dans le delta du Niger. Point commun entre ces trois projets ? Ils ont bénéficié du mécanisme de développement propre (MDP). Entré en vigueur en 2005, le MDP est prévu par le protocole de Kyoto. Son nom est un peu barbare, mais son principe est simple. Un industriel du Sud lance un projet visant à réduire les gaz à effet de serre. En « récompense », il reçoit une « aide financière ». Elle correspond à la vente d’un « crédit carbone » – proportionnel aux émissions évitées par le nouveau projet – à un industriel du Nord.

Cas pratique. En juillet dernier, la Société ivoirienne de traitement des déchets (Sitrade) a obtenu le label et le financement MDP. Son idée : ­construire à Bingerville, à l’est d’Abidjan, une usine de traitement des déchets. Chaque année, 200 000 tonnes seront recyclées en énergie électrique ou en compost. Au total, l’émission annuelle de 71 000 tonnes de CO2 sera évitée. En face, les deux acheteurs du crédit ­carbone sont une filiale de l’américain Cargill et le Fonds africain des biocarburants et des énergies renouvelables (Faber).

Le site de Bingerville est une exception à l’échelle du continent. Première victime du réchauffement climatique, l’Afrique est la moins bien lotie en MDP. Et de loin. Sur les 1 700 projets enregistrés dans le monde (5 000 au total sont en cours de validation), seuls 2 % y sont implantés. Les raisons ? ­Méconnaissance du continent par les investisseurs, la lourdeur de la procédure de labellisation et le manque d’initiatives locales. « La distribution géographique du MDP n’a rien à voir avec la carte du développement », regrette Jérôme Frignet, chargé de la campagne forêts à Greenpeace. Un déséquilibre que les leaders du continent devront souligner à Copenhague.