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Climat : à la recherche du temps perdu

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Société

Les « verts » du continent

Mis à jour le 14 décembre 2009 à 17:14

L’écologie politique en Afrique ? Deux noms viennent très rapidement à l’esprit. D’abord la biologiste kényane et ancienne ministre Wangari Maathai, première femme africaine à avoir reçu le prix Nobel de la paix, en 2004. La deuxième figure verte du continent est congolaise : il s’agit de Marc Ona Essangui. Depuis son fauteuil roulant, le récipiendaire 2009 du Goldman Prize – le Nobel vert – dirige le réseau associatif Environnement Gabon et l’ONG Brainforest, qu’il a fondée en 2001 pour la protection de la forêt du bassin du Congo.

L’un des points communs entre ces deux « green stars » est de lier le combat pour l’écologie à celui pour le respect des droits de l’homme. « En protégeant l’environnement, nous améliorons aussi la façon de gouverner », dit en résumé Wangari Maathai, qui a été emprisonnée à plusieurs reprises sous le règne du président Daniel Arap Moi.

L’écologie serait-elle une nouvelle forme d’opposition capable de faire trembler les pouvoirs africains ? Demain, c’est probable. Du Maroc (Fatima Alaoui) à la RD Congo (Mpaka Mawete Ruffin) en passant par le Sénégal (Haïdar El Ali et Ousmane Sow Huchard), la Côte ­d’Ivoire (Edmond Edouard N’Gouan) ou la Centrafrique (Claude Yabanda), les partis et les associations écolos se multiplient, avec, pour le moment, des fortunes diverses. Mais ils se fédèrent entre eux et montent en puissance.

Le meilleur score électoral d’un vert à une présidentielle a été réalisé en 1998 au Burkina par Ram Ouédraogo, avec 6,61 % des voix. Signe de la progression des écolos sur le continent, les pouvoirs sont de plus en plus amenés à créer des partis verts qui leur sont proches, comme en Tunisie notamment. Une manière, bien sûr, de couper l’herbe sous le pied de la contestation…